Petite histoire du mème pour les nuls (et les autres)

Bruno Deruisseau
·2 min de lecture
© quickmeme.com
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Le terme “mème” apparaît pour la première fois en 1976 dans un essai de Richard Dawkins intitulé The Selfish Gene (Le Gène égoïste, Odile Jacob, 2003). Il s'agit d'un mot-valise né de la fusion du grec “mimesis” (imitation) et “gène”. Cette première acception de “mème” est à mille lieues d'anticiper les mèmes internet, tout du moins au premier abord. Car il s'agit alors d'une théorie inspirée de l'idéologie évolutionniste darwinienne et qui repose sur l'hypothèse du rôle central que joue l'imitation dans la transmission culturelle. Un mème serait un phénomène culturel capable de se reproduire et de se transmettre, tel un gène.

Développée au cours des années 1980, la mémétique est donc l'étude de la façon dont les phénomènes culturels évoluent, disparaissent ou au contraire se répandent, selon des procédés de sélection naturelle qui les rapprochent des êtres vivants. Dans cette première définition, très large, peuvent être considérés comme mèmes les phénomènes culturels suivants : tradition, croyance, dicton, idéologie, mot d'argot, légende urbaine, blague, théorie du complot ou encore effet de mode.

Le mème, une “idée contagieuse qui se transmet d'esprit en esprit”

En 1994, le magazine américain Wired va même plus loin en rapprochant le mème d'un virus : “Une idée contagieuse (appelée un mème viral) se transmet d'esprit en esprit, de la même façon qu'un virus se transmet d'un corps à un autre.” Au cours des années 1990, internet se répand petit à petit dans les ménages et révolutionne la communication humaine. Ce réseau informatique donne naissance à une nouvelle utilisation du mot, qui éclipse bientôt la première. Un peu comme si le mème avait fusionné avec ce nouveau moyen de communication pour accoucher des mèmes internet que nous connaissons aujourd'hui.

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