Les petits espaces sont à l’honneur dans le nouveau numéro de ELLE Décoration

© Stephan Juillard- ELLE Décoration – Octobre 2022

Coup de tonnerre médiatique fin juillet lorsque l’Arabie saoudite annonce un projet de « mégaville » : The Line. L’idée ? Une agglomération de 170 km de long, s’étirant tel un ruban dans le désert, cachée derrière de hauts murs couverts de panneaux solaires. A l’intérieur, des appartements, des usines, des magasins, des forêts, des entreprises, des rivières… La vidéo est soignée, élégante, inspirante, mais, en creux, c’est l’expression d’une humanité sur la défensive, repliée sur elle-même dans une planète devenue hostile, flirtant avec les récits d’exploration spatiale des auteurs de science-fiction.

Certains crient au génie, d’autres se lamentent. Pour ma part, j’y vois un constat d’échec. Échec à maintenir sur Terre un écosystème favorable à l’humanité, échec à perpétuer ce qui fait le sel de nos communautés : le hasard, les rencontres, la fluidité, l’organique, l’imprévu… Autrement dit : les interstices.

De l’immense peintre Pierre Soulages avec ses œuvres au noir à l’architecte Rudy Ricciotti et sa résille en béton du Mucem à Marseille, l’interstice révèle, souligne, augmente les dimensions. Ce qui est vrai dans l’art et l’architecture l’est tout autant en urbanisme (pensons aux friches) ou en psychologie où les instants de « rien », les discussions informelles dans des « non-endroits » (machine à café, couloir), les images captées au vol et les pensées inconscientes...

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