Qui a peur de David Foster Wallace ?

C. G.
·1 min de lecture

Depuis plus de trente ans, ces trois mots suscitent sueurs froides ou trépidation, c'est selon. Figure de la pop culture américaine, le romancier essayiste effraie : son style foisonnant, ses phrases à rallonge, son utilisation quasi névrotique des notes de bas de page, son vocabulaire parfois trop complexe, qui pourrait passer pour de la condescendance, mais reflète aussi la haute estime dans laquelle il tenait ses lecteurs… Lire Wallace n'est pas de tout repos et exige une concentration patiente. Mais comme le jeu en vaut la chandelle ! En particulier pour son travail d'essayiste, réuni ici dans un second volume captivant, qui élève littéralement la pensée sans jamais vulgariser ni simplifier. Qu'il brocarde le nouveau roman de John Updike, « d'une lourdeur et d'une complaisance invraisemblables », s'escrime à démontrer la dimension humoristique de l'œuvre de Kafka, ou s'interroge, à travers une biographie de Dostoïevski, sur la valeur de l'idéologie en littérature, Wallace pense l'art avec générosité et sérieux. Quand il s'attaque, en reporter, à la montée en puissance des radios indépendantes conservatrices, ou en critique, à la dimension politique de la linguistique, on en vient carrément à se demander si le plus fin commentateur du moment que nous traversons ne serait pas mort depuis douze ans. Les « fake news », Fox News, la radicalisation de la droite dure… Tout y est, en puissance. Une vraie bonne raison de vaincre sa peur....

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