Pojagi : le patchwork coréen a tout pour plaire

Vous avez envie de donner une touche asiatique à votre intérieur sans tomber dans un folklore cliché ? Inspirez-vous de l’art ancestral du pojagi, une technique coréenne de patchwork. Il ne vous reste plus qu’à faire parler votre créativité !Lorsque l’on évoque certaines techniques artisanales venues d’Asie, on se rend compte que l’on retombe souvent sur le Japon. Venues du pays du Soleil-Levant, les formations à l’art du kintsugi (redonner fière allure à de la vaisselle ébréchée grâce à la beauté de l’or), du shibori (la teinture japonaise qui redonne une seconde vie à du linge de maison) ou encore du furoshiki (technique de pliage et de nouage de tissus pour l’emballage de cadeaux) sont de plus en plus nombreuses en Occident, et notamment en France. Patience et résilience sont au cœur de ces différentes pratiques qui ont réussi à séduire de nombreux amateurs de « do it yourself ».À lire > Design Iconique : La Cesca Chair de Marcel Breuer par ThonetQuid de la Corée ? Cet autre pays d’Asie dispose également d’un certain nombre de techniques ancestrales qui consistent à faire appel à notre créativité. Parmi celles-ci, difficile de ne pas évoquer le pojagi (ou bojagi). Soit une variation aussi originale que minimaliste du patchwork. De format carré ou rectangulaire, le pojagi donne un souffle nouveau à une pièce puisqu’il peut être utilisé en tant que tenture ou cloison pour délimiter des espaces. Mais il a aussi son utilité comme napperon ou chemin de table.Une histoire ancienneSi le pojagi apparaît comme l’une des tendances déco du moment, force est de constater que son origine est assez ancienne. La technique serait apparue au début de la dynastie Joseon, au tournant des XIVème et XVème siècles. Au départ, le pojagi a surtout une valeur pratique puisqu’il venait servir de nappe ou de couverture à des sutras (beaux livres anciens) lors de cérémonies bouddhistes. Puis, au fil des époques, son usage s’est totalement démocratisé et nombreuses furent les Coréennes à recourir à cette technique. Les femmes, toutes classes sociales confondues, assemblent de manière invisible des morceaux de coton, chanvre, soie ou ramie pour former des carrés de différentes tailles. Ces dits carrés sont ensuite utilisés comme emballages pour des objets lorsque ceux-ci sont offerts, stockés, couverts ou encore transportés.À partir des années 1960, le pojagi commence à être considéré comme une œuvre d’art. Rien d’étonnant donc à ce qu’il fasse son entrée dans les musées. Pour se faire une idée de sa place dans les institutions culturelles, il suffit de se rendre au Musée de la broderie coréenne à Séoul, qui conserve une collection de 1 500 pojagis. À noter que cette technique de patchwork a servi de modèle pour la façade de la boutique Cartier du quartier de Cheongdam-dong, à Séoul.Règles de baseL’art du pojagi n’est pas compliqué à maîtriser mais suppose de respecter quelques règles élémentaires. Pour commencer, trois tissus sont préconisés. Le trio gagnant est composé de lin, soie et ramie. Avec cette sainte-trinité, les risques de faire des impairs sont limités. Pour ceux qui souhaitent plus d’options, sachez que l’organdi, la mousseline ou le coton fin sont tolérés. Gardez à l’esprit que tous les tissus semi-transparents peuvent convenir pour réaliser un pojagi digne de ce nomBon à savoir, les pojagis sont réversibles grâce aux finitions des marges de couture. Au niveau du type de coutures, plusieurs sont autorisés. Il y a les procédés dits « traditionnels », à la main ou à la machine. Pour ceux qui souhaitent plus d’originalité, on peut citer le patchki (ou nœud chauve-souris), qui est réalisé à partir d’un petit carré de tissu. Décoratif, il est synonyme de bonheur. Enfin, il y a le nubi, obtenu avec des fils de soie cirés. Il s’agit d’une sorte de matelassage qui forme des lignes régulières. Désormais, le pojagi ne va plus avoir de secrets pour vous !Envie d’utiliser le pojagi comme élément de décoration ? Zoom sur vingt inspirations repérées sur Instagram.