Portrait : Jade Genin, la fille chocolat

Reprendre le flambeau quand on a un père génie des douceurs ? C’est le défi relevé par Jade, ex-avocate qui a tombé la robe par amour pour le cacao. Portrait d’une chocolatière aux multiples talents.Du chocolat partout !Voilà les premiers souvenirs de Jade Genin quand elle pense aux mercredis de son enfance dans la mini-chocolaterie de son père, 20 m2 rue Saint-Charles dans le 15e arrondissement de Paris. À l’époque, Jacques, autodidacte passionné, a quitté la cuisine pour se lancer dans le cacao. Sa sensibilité et sa modernité feront de lui une référence dans ce domaine. Au fil des années, il fournit la plupart des palaces parisiens, ainsi que des grandes tables… Petite souris ravie, Jade y emmène ses amis, teste et goûte les créations paternelles. Le temps passe et l’élève, brillante, suit un parcours classique. « Mon père a souffert de ne pas faire d’études et ma mère m’y a poussée. Du coup, j’ai étudié le droit et je suis passée par HEC. Dans la foulée, j’ai rejoint un cabinet d’avocats, me spécialisant en fusion-acquisition, un boulot passionnant et lucratif », dit-elle. Comment est-elle tombée dans le chocolat ? « En 2017, mon père a reçu la médaille de l’Ordre du Mérite agricole et j’ai pris brusquement conscience qu’il n’était pas éternel, que mes enfants ne connaîtraient peut-être pas la chocolaterie. Il ne m’a fallu que quelques semaines pour décider de changer de vie. » Heureux, Jacques Genin lui ouvre les portes de sa pâtisserie-chocolaterie. « Ma chance, c’est de posséder un palais formé depuis le plus jeune âge, car je goûtais au chocolat et j’accompagnais mes parents dans les grands restaurants. La fabrication m’était aussi familière puisque j’y ai toujours assisté. » Durant deux ans, elle travaille dans l’ombre, heureuse chaque matin de rejoindre la chocolaterie de la rue de Turenne, et de donner du sens à son existence, en bonne représentante de la génération Y. Il est le « grand patron », Jade le « petit patron ».En charge de la partie chocolat de la maison Jacques-Genin (« la pâtisserie est plus technique, j’ai besoin d’apprendre », avoue-t-elle), elle a aussi pris en main la communication et les réseaux sociaux, observe la gestion et réfléchit aux prochaines étapes. « Je voudrais que nous devenions une marque vivante, changeant avec les saisons, les événements et s’adaptant à nos clients, je rêve de développer le sur-mesure. » D’ici-là, régulièrement coiffée d’un turban coloré, elle glisse sa touche, épicée et subtile, à l’image de sa passion pour le jasmin, la rose et la fleur d’oranger… Une histoire à suivre ! Jacques-Genin Marais133, rue de Turenne, 75 003 Paris 01 45 77 29 01jacquesgenin.fr