Pourquoi un chien mord-il ?

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Selon un rapport de 2007, environ 10 000 morsures par an faisaient l’objet de mises sous surveillance sanitaire. Des chiffres sous-estimés selon l’Anses, qui inculpe la réglementation en vigueur. Celle-ci se base uniquement sur la race de l’animal pour identifier les chiens à risque et prévenir les accidents. Or ce seul élément ne permet pas de prédire de manière fiable le risque de morsure.

Pourquoi ce chien ?

Outre la race, l’Anses estime que d’autres éléments devraient être pris en compte pour prévenir les morsures :

  • « son sexe, les chiens mâles étant plus agressifs que les femelles » ;

  • « son âge, les chiens adultes (de 1 à 7 ans) étant plus à risque que les chiens jeunes (moins d’1 an) » ;

  • « ses conditions de développement, une séparation de la mère et de la fratrie trop précoce ou un contact avec l’humain trop tardif étant associés à des risques de morsure plus élevés » ;

  • le non-respect de « son bien-être, ses besoins et attentes » participe à une augmentation du risque ;

  • une détérioration de « sa santé mentale et physique : affections douloureuses, altération de l’état émotionnel et troubles du comportement » favorisent un comportement agressif ;

  • « l’éducation reçue et le mode de vie peuvent contribuer à l’émergence de comportements agressifs. » Par exemple, un gros chien vivant dans un trop petit appartement et n’ayant pas la possibilité de se défouler suffisamment peut développer une attitude agressive ;

  • « l’incompréhension du propriétaire face à des signaux d’agression ou de menace exprimés par l’animal. » Le léchage de la truffe, des bâillements répétitifs, le détournement du regard notamment, s’ils sont ignorés, sont des signes de mal-être pouvant conduire à une réaction par morsure.

 

Certaines personnes risquent-elles davantage d’être mordues ?

Les personnes exposées à un risque élevé de morsure peuvent elles aussi être identifiées grâce à plusieurs critères. Ainsi, l’âge arrive en tête car les enfants en bas âge constituent une part importante de victimes. C’est pourquoi « il ne faut jamais laisser un enfant seul avec un chien sans la surveillance active d’un adulte ». Et ce même s’il s’agit du chien du foyer ou de celui des grands-parents par exemple. En effet, « la majorité des morsures d’enfants en bas âge (…) a lieu dans l’espace privé ».

D’autres catégories sont aussi exposées à un risque important de morsure : les professions en contact fréquent avec les chiens – vétérinaires ou personnel soignant, animaliers, conducteurs cynotechniques ou éducateurs canins – et les personnes utilisant les chiens de fonction particulière, de garde et de défense.

A noter : l’Anses propose « la création d’un observatoire des morsures qui permettrait d’enrichir les données disponibles, d’alimenter les travaux de recherche mais aussi de formuler des conseils plus ciblés et adaptés au risque existant ».