Pourquoi la douleur des femmes n’est pas toujours prise au sérieux ?

Johanna Amselem
·2 min de lecture
A hurting woman, who is sitting on a couch and holding her lower back with her left hand.

La réaction à la douleur n’est pas perçue de la manière selon le sexe de la personne. Explication avec une récente étude.

Des scientifiques américains de l'Université de Miami ont découvert que lorsque les hommes et les femmes ressentaient une douleur identique, les observateurs considéraient la douleur des patientes comme plus douce et plus susceptible de bénéficier de la psychothérapie que des médicaments par rapport à la douleur des hommes. Les observateurs (masculins et féminins) ont été reconnus coupables de ce "préjugé sexiste", qui pourrait entraîner des disparités dans les traitements, selon les conclusions publiées par le Journal of Pain.

Cette étude repose sur deux expériences. Dans la première, 50 participants ont visionné diverses vidéos de patients hommes et femmes souffrant de douleurs à l'épaule et effectuant une série d'exercices en utilisant leurs épaules blessées et non blessées. Les expressions faciales des patients ont également été analysées par le biais d’un système complet basé sur l'anatomie pour décrire tous les mouvements du visage. Les participants à l'étude ont été invités à quantifier la douleur qu'ils pensaient que les patients des vidéos ressentaient sur une échelle allant de zéro à 100.

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Tenir compte du comportement de chacun

Dans la deuxième expérience, les participants ont également partagé la quantité de médicaments et de psychothérapie qu'ils prescriraient à chaque patient et lequel de ces traitements, selon eux, serait le plus efficace pour traiter chaque patient. Dans l'ensemble, l'étude a révélé que les patientes étaient perçues comme ressentant moins de douleur que les hommes. "Si le stéréotype est de penser que les femmes sont plus expressives que les hommes, peut-être trop expressives, alors la tendance sera de ne pas tenir compte des comportements douloureux des femmes", a expliqué Elizabeth Losin, professeure adjointe de psychologie et directrice du laboratoire de neurosciences sociales et culturelles de l'Université de Miami. 

Avant de conclure : "Le revers de ce stéréotype est que les hommes sont perçus comme stoïques, alors quand un homme fait une expression faciale de douleur intense, vous pensez : 'Oh là là, il doit être en train de mourir !'. (…) De manière critique, nos résultats démontrent que ces préjugés sexistes ne sont pas nécessairement exacts. Les femmes ne sont pas nécessairement plus expressives que les hommes, et donc l'expression de leur douleur ne doit pas être écartée".

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