Pourquoi il faut absolument regarder « Clèves » sur Arte

©Claire Nicol

« Est-il possible que l’on ne sache rien de toutes les jeunes filles qui vivent cependant ? » Cette phrase de Rainer Maria Rilke figurait en exergue du roman de Marie Darrieussecq « Clèves » (éd. P.O.L.). Un siècle a passé, et l’adolescence des filles demeure cet obscur continent, secret et scandaleux. Lever le voile, sans pudeur, sur ce moment de la vie, tel était le projet de l’écrivaine, et tel est celui du réalisateur Rodolphe Tissot, qui transpose avec grâce le roman à l’écran.

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« Tu es un peu flippante », déclare au début du film Vittoz, voisin baby-sitter solitaire et fan de hard-rock, à Solange, sa petite protégée de 15 ans. Sous les traits de la formidable Louisiane Gouverneur, on regarde la transformation de cette adolescente, dépassée par l’explosion concomitante de puissance et de vulnérabilité qui lui échoit, en échange de son nouveau statut de femme. Si Vittoz a peur d’elle, nous avons peur pour elle. Car à Solange, rien n’est épargné : parents défaillants, sexe triste, désir confus. Louisiane Gouverneur joue magnifiquement cette attitude outrageusement légère et très grave, qui fait de ce temps de la vie une avancée périlleuse.             

« CLÈVES », de Rodolphe Tissot (1 h 49). Vendredi 10 juin, 20 h 55, Arte.                                                         

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