Pourquoi il faut défendre notre matrimoine

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Aurore Evain est chercheuse, metteuse en scène, actrice, autrice et dramaturge. C’est elle qui, au cours de ses recherches, a exhumé le mot "autrice" qui, depuis, a retrouvé ses lettres de noblesse. "Je suis tombée dans la marmite des mots féminins oubliés et effacés. J’ignorais leur existence, je suis tombé dessus par hasard. Je n’imaginais même pas que des femmes aient pu écrire du théâtre avant Marguerite Duras !" explique celle qui a décroché un bac littéraire avec mention très bien avant de se spécialiser dans le théâtre. C’est dire le sort que réserve l’éducation nationale au matrimoine…

"Le mot "autrice" existait depuis l’Antiquité, ce n’est pas un néologisme. Mais, comme d’autres mots dont le "matrimoine", l’Académie Française a empêché qu’il n’entre au dictionnaire. De la même façon, avant, le masculin ne l’emportait pas. Avec ses dictionnaires et ses grammaires, l’Académie Française a instauré des règles de masculinisation sous prétexte que "le masculin est le genre le plus noble". Aujourd’hui, on défend une grammaire qui se veut neutre alors qu’elle a créé une langue élitiste. De la même façon que l’orthographe a été complexifiée à dessein". Comme l’expliquent très bien ces deux professeurs dans une conférence TedX :

On y apprend que la complexité de l’orthographe française a été choisie et voulue pour être discriminatoire et pour donner le sens de l’effort aux enfants. En 1694, dans les cahiers préparatoires du tout premier dictionnaire de l’Académie Française, il est écrit : « l’orthographe servira à distinguer les gens de lettres des ignorants et des simples femmes ». Oui oui, vous avez bien lu !

"C’est misogyne que le masculin l’emporte sur le féminin, il n’y a pas de doute !", explique Yoann Lavabre, directeur de La Ferme de Bel Ebat, Théâtre de Guyancourt, qui ouvre sa scène au matrimoine. "Je ne suis pas toujours très fier d’être un homme quand je vois notre Histoire. La défense du matrimoine, comme le féminisme, c’est une lutte pour l’égalité des droits. (...)

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