Pourquoi il faut lire le “Journal d’un rescapé du Bataclan” de Christophe Naudin

Mathieu Dejean
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(© Renaud Monfourny)
(© Renaud Monfourny)

Le matin où nous rencontrons Christophe Naudin, le 29 octobre, dans un café du XIVe arrondissement, il est un peu accroché à son téléphone portable et à son fil Twitter. La nouvelle vient de tomber : trois fidèles de la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption, à Nice, ont été tués au couteau un peu plus tôt. L’une des victimes a été égorgée dans le lieu de culte, rappelant le mode opératoire utilisé lors de l’assassinat de Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie décapité le 16 octobre lors d'un attentat terroriste islamiste à Conflans-Sainte-Honorine.

La députée de la France insoumise Clémentine Autain a publié un tweet faisant part de ses “pensées émues et solidaires pour les victimes et pour leurs proches”. Elle reçoit un torrent de haine en réponse, accusée – comme beaucoup ces temps-ci – d’“islamo-gauchisme” et traitée de “collabo” pour ses réactions passées, présentées comme davantage attentives aux dangers de l’islamophobie et de l’extrême droite qu'à ceux de l’islamisme.

“Tourner la page”

“C’était malheureusement prévisible”, se désole Christophe Naudin en ôtant son long manteau en cuir noir. Ce prof d'histoire-géographie au collège à Arcueil (Val-de-Marne) connaît bien ces sujets. Le 13 novembre 2015, il était au concert des Eagles of Death Metal, groupe dont il est fan, dans la fosse, quand les terroristes ont fait feu sur la foule. Avec d’autres, il s’est réfugié dans un cagibi pendant plus de deux heures. L’un des deux amis avec qui il était, Vincent, a été fauché.

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