Pourquoi Météo France ne déclenche pas la vigilance orange canicule malgré l’épisode de chaleur en cours ?

Bien que les températures soient tout à fait exceptionnelles pour un mois de septembre, Météo France explique au "HuffPost" pourquoi l’alerte orange n’est pas déclenchée.

Une vigilance orange ou rouge canicule serait inédite pour septembre. Après un été 2023 qui se classe au 4e rang des étés les plus chauds depuis 1900, un épisode de chaleur exceptionnel, avec des pointes à 35 degrés, s’est installé dans l’Hexagone jusqu’à dimanche. Météo France place, ce mercredi 6 septembre, 44 départements, soit presque la moitié du pays, en vigilance jaune canicule.

Alors que le pays suffoque depuis déjà plusieurs jours, pourquoi ne pas passer à l’orange ou au rouge ? Parce que Météo France se base sur une multitude de critères et de seuils pour définir ses niveaux de vigilance, et que certains ne sont pour l’instant pas franchis.

À quoi correspondent les vigilances ? Pourquoi 35 degrés en septembre ne suffisent pas à déclencher l’alerte orange ? Avec qui les météorologues travaillent-ils pour définir les seuils d’alerte ? Météo France répond aux questions du HuffPost.

La santé avant tout

Depuis la canicule de 2003 qui a fait 15 000 morts dans l’Hexagone, Météo France note la dangerosité des vagues de chaleur par quatre couleurs (vert, jaune, orange, rouge) et travaille conjointement avec les autorités de santé pour prévenir les hôpitaux, et donner des conseils aux populations.

Parce qu’une vigilance canicule est surtout une affaire de santé publique, les météorologues confrontent ainsi leurs prévisions avec les seuils établis - les « indices biométéorologiques » - par Santé publique France. Ce sont donc les conséquences sanitaires des épisodes chaleurs, « fondés sur des études épidémiologiques des événements passés », qui déterminent avant tout le niveau de vigilance canicule.

Le vert correspond à une absence de danger sanitaire pour les populations. Le jaune à un pic de chaleur à risque pour « les populations fragiles ou surexposées (conditions de travail ou activité physique). Ou alors, à un épisode de chaleur remarquable sur plusieurs jours, comme c’est le cas actuellement en France.

Ensuite, le niveau orange correspond à une canicule (trois nuits et trois jours consécutifs d’une chaleur intense). Le risque sanitaire pour les populations est élevé. Quant au rouge, c’est une canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, qui peut être dangereuse même pour les personnes en bonne santé.

Pas la même vigilance selon les départements

Le seuil de déclenchement de l’alerte orange canicule varie par ailleurs d’un département à l’autre. Dans le Rhône, Météo France estime que la canicule sera avérée lorsque des températures atteignent 35 °C le jour et 20 °C trois jours durant. Dans le Nord en revanche, la canicule est décrétée quand les températures franchissent 33 °C le jour et 18 °C la nuit pendant trois jours. Dans les Côtes-d’Armor, c’est 31 °C le jour, 18 °C la nuit.

Quant au passage de l’orange ou rouge, il dépend surtout de facteurs extérieurs qui rendent la canicule extrême et dangereuse pour la population, comme la sécheresse, le départ de feux, l’approvisionnement en eau potable, ou encore la fréquentation des structures de santé.

Les températures sont donc loin d’être le seul indicateur pour émettre une vigilance, c’est pourquoi l’alerte orange ou rouge n’est pour l’heure pas déclenchée en France. Si la chaleur persiste en revanche, le risque sanitaire va augmenter, et Météo France n’exclut pas une « aggravation sur certains départements placés actuellement en jaune » d’ici la fin de la semaine.

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