Pourquoi on ne pousse pas nos garçons vers des métiers de filles ?

Sophie Carquain

Des campagnes de communication incitent les adolescentes à s’orienter vers des professions dites masculines. L’inverse est moins souvent évoqué…

«Mais où Nathan a-t-il pêché l’idée de devenir professeur des écoles ? » se lamente sa mère, qui, parce qu’il était un élève brillant, le voyait embrasser une carrière… plus prestigieuse. S’il n’y a que 17 % de filles, au maximum, dans les grandes écoles d’ingénieurs, la présence des garçons dans les formations de puériculteur, d’infirmier et d’instituteur frôle le niveau zéro¹ . « On comptabilise 4 % d’hommes dans les métiers de la petite enfance (de 0 à 3 ans), 7 % à l’école maternelle et 1,5 % d’auxiliaires de puériculture dans les crèches », note Mike Marchal, fondateur de l’Amepe² . Aujourd’hui, il y a une volonté plus marquée à orienter nos filles vers les carrières masculines, notamment les filières scientifiques. Appliquer la même logique aux garçons, en revanche, semble moins aisé. La sociologue Françoise Vouillot³ enfonce le clou : « C’est un sujet tabou, l’angle mort de la société et des politiques. Mais la mixité ne peut s’opérer que dans les deux sens. » Alors, qu’est-ce qui nous retient ?

Tu seras un homme, mon fils !

« Au moment de l’orientation, on évoque le phénomène d’autocensure chez les filles (Le “Ce n’est pas pour moi”, “Je n’y arriverai pas”), mais chez les garçons on est plutôt dans le registre de l’“impensé”, poursuit la sociologue. L’idée d’embrasser une carrière traditionnellement féminine ne franchit pas leur cortex, simplement parce qu’ils subissent une injonction sociale et familiale (...)»

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