Premier roman : « Les Enfants endormis » d'Anthony Passeron renverse la rentrée

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Anthony Passeron renverse la rentrée avec ce récit intime et sociologique d’une famille aux premiers temps du sida.

Comme beaucoup d’autres petites villes, celle-là a périclité dans les années 1980. Les commerces fermaient les uns après les autres tandis que les jeunes s'ennuyaient à mourir. Aujourd'hui, c'est un village éteint : « Le centre est devenu périphérie. » Cette ancienne sous-préfecture, dont le nom n'est pas donné, se situe dans l'arrière-pays niçois. La drogue, remède à la mélancolie, y fit son apparition en même temps que le sida, vers 1981. « Les Enfants endormis », titre qui renvoie à l'image de drogués jonchant les trottoirs, raconte la vie de Désiré, fils aîné d'une lignée de bouchers et premier bachelier de la famille. Désiré est parti se distraire à Amsterdam et il en est revenu transformé, sans que ses parents n'y comprennent rien. Il s'est beaucoup piqué, il a attrapé le sida.

Une histoire de famille

Anthony Passeron, l'auteur de ce remarquable premier roman, est né en 1983. Désiré, son oncle, est mort en 1987. L'écrivain retrace en alternance l'histoire de sa famille et celle de la découverte du virus par des médecins français. Deux d'entre eux, Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi, ont reçu le prix Nobel de médecine en 2008. L'auteur place son lecteur au plus près des immunologistes, des infectiologues et des biologistes, impuissants face aux malades, accablés par la violence de leurs symptômes et par cette hécatombe. L'humiliation frappe autant les patients que les services hospitaliers qui les...

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