Une prise d'otages dans une banque à Beyrouth illustre le désespoir de la population libanaise

Un déposant qui exigeait de retirer ses économies bloquées a pris en otage les clients et les employés d’une banque de la capitale libanaise, menaçant d’incendier les locaux.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

L’incident a tenu le pays en haleine toute la journée. Il s'est finalement terminé sans blessé. Mais l'acte de Bassam Cheikh Hussein illustre le grand désespoir dans lequel se trouve la population libanaise. Les sévères restrictions imposées illégalement par les banques sur les retraits en devises fortes ou en livres libanaises et sur les transferts à l’étranger pèsent de plus en plus sur des centaines de milliers de familles.

Criblé de dettes et incapable de soigner son père et son fils malades, alors que son compte en banque est bien fourni, le jeune homme a choisi de se faire justice lui-même. Il est entré dans sa banque à Beyrouth, muni d’un bidon d’essence, s’est saisi d’une arme puis a menacé de mettre le feu aux locaux si ses économies ne lui étaient pas rendues.

Dès que la nouvelle a été connue, des membres des comités de défense des droits des déposants et des passants se sont rassemblés devant la banque, dans la célèbre rue Hamra, pour exprimer leur soutien au preneur d’otages. L’armée et la police se sont déployées sur les lieux, mais ont privilégié les négociations à l’assaut. Après de longs pourparlers, la banque a accepté de lui remettre 15% de ses épargnes en liquides. Bassam Cheikh Hussein a libéré les clients et les employés avant de se rendre à la police qui l’a interrogé.


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