Prix Goncourt 2019 : le doux roman de Jean-Paul Dubois

Olivia de Lamberterie

En septembre dernier, nous vous parlions de la douceur du nouveau livre de Jean-Paul Dubois. Un roman qui lui vaut aujourd'hui le prix Goncourt 2019.

Paul Hansen est un homme bon, pour employer un mot désuet renvoyé aux oubliettes par l'usage intensif de l'adjectif bienveillant. Intendant, concierge de L'Excelsior, un immeuble de Montréal, il répare, débouche, dépanne, entretient les tuyauteries et les résidents. Magicien des évacuations et des âmes. Jusqu'au jour où un nouveau gérant avec une machine à calculer à la place de sentiments sabote le travail de Paul, mine son coeur à l'ouvrage au point de faire sortir cet homme bon de ses gonds et de l'envoyer dans la cellule d'une prison, en tête à tête avec un furieux de l'existence et de Harley Davidson. Dans ces quelques mètres carrés, en des allers-retours spatio-temporels virtuoses, Jean-Paul Dubois déroule le fil d'une vie. Comment son père, un pasteur danois, a usé sa foi, « c'est fragile, ça repose sur trois fois rien comme un tour de magie », avant de s'égarer dans l'ivresse d'un casino. La part de Dieu, la part du diable... Comment sa mère, une projectionniste en avance sur son époque, a décidé d'en finir un soir sans explication. Comment Paul a connu la tendresse infinie de la vie à deux avec Winona, une magnifique Indienne, pilote disparue dans les airs. « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon » pourrait avoir pour sous-titre « apprendre à perdre ». Mais la noirceur qui teintait de désespoir sans retour le roman précédent de Jean-Paul Dubois, « La Succession », a fait place à une nouvelle façon...

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