Un procès pour viol sur une enfant de 12 ans pousse la justice néo-zélandaise à interroger sa législation

Déjà en 2021, une étude commandée par la conseillère principale pour les victimes auprès du gouvernement avait révélé que les enfants et adolescents victimes de violences sexuelles étaient harcelés par l'institution judiciaire. | Thomas Ashlock via Unsplash
Déjà en 2021, une étude commandée par la conseillère principale pour les victimes auprès du gouvernement avait révélé que les enfants et adolescents victimes de violences sexuelles étaient harcelés par l'institution judiciaire. | Thomas Ashlock via Unsplash

La défense de l'accusé consistait à plaider le consentement de sa victime. En Nouvelle-Zélande, le procès de Tulisi Leiataua vient de s'achever, et suscite une vive réaction chez les défenseurs et les défenseuses des victimes de violences sexuelles, qui demandent à la justice de reconsidérer sa législation et ses pratiques en la matière.

Aujourd'hui âgé de 45 ans, Tulisi Leiataua vient d'être reconnu coupable de trente-trois chefs d'accusation portant sur des agressions sexuelles commises de 2010 à 2014 contre deux enfants alors âgées de 8 à 12 ans.

Quel consentement pour les enfants?

Tout au long du procès, Leiataua a nié avoir entretenu quelque forme de relation avec l'enfant la plus jeune, mais a confirmé avoir eu de multiples rapports sexuels avec la seconde, arguant qu'il s'agissait non pas de viols mais d'une relation consensuelle, initiée par cette dernière et semblable à celle d'un «couple marié».

Aujourd'hui âgées de 19 et 24 ans, ses deux victimes ont dû faire face à deux semaines de contre-interrogatoire, l'argument du consentement étant considéré par la justice néo-zélandaise comme un moyen de défense légal pour les personnes accusées de viol, même lorsque la victime est une enfant. Plus que l'issue finale du procès, c'est donc la nature de la défense de l'accusé et le traitement réservé aux victimes lors du processus judiciaire qui ont suscité un tollé.

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