Producteur violemment frappé par des policiers: un quatrième agent suspendu

Alexandra Gonzalez avec Salomé Vincendon
·2 min de lecture
Les images de vidéosurveillance montrant l'interpellation violente du producteur de musique
 - BFMTV
Les images de vidéosurveillance montrant l'interpellation violente du producteur de musique - BFMTV

Le directeur général de la police nationale a décidé ce jeudi de la suspension des trois policiers mis en cause après la diffusion d'une vidéo les montrant frappant violemment un producteur de musique, selon une source proche du dossier à BFMTV.

Un quatrième policier a été suspendu jeudi soir, selon une source proche du dossier à l'AFP.

"Violences" et "faux en écriture publique"

Ces suspensions ont été faites à la demande du préfet de police et du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui les avait reclamées dans un tweet mercredi. Le préfet, conformément à la procédure, en a fait la demande au directeur général de la police nationale, seul à même de les suspendre.

Plus tôt dans la journée, le procureur de Paris Rémy Heitz avait déclaré à l'AFP qu'il demandait à la "police des polices" d'enquêter "le plus rapidement possible" sur ce dossier. Le producteur s'est rendu ce jeudi dans les locaux de l'IGPN (Inspection générale de la Police nationale), pour déposer plainte.

Une enquête avait déjà été ouverte mardi dans cette affaire pour "violences" et "faux en écriture publique".

Deux versions contradictoires

Les policiers impliqués ont livré leur version des faits, au lendemain de ceux-ci, dans un procès-verbal daté de dimanche. Évoquant un homme devenu "dangereux" à leur égard, s'étant réfugié selon eux dans ses studios pour échapper à son interpellation, ils ont affirmé:

"L’individu nous repousse à plusieurs reprises avec ses bras en tentant de nous porter des coups. (...) Dans la débâcle, l’homme a tenté à plusieurs reprises de se saisir de notre arme administrative (...). Nous recevons à plusieurs reprises des coups au niveau du visage émanant de l’individu".

Ils ont cependant reconnu avoir porté des coups au producteur: "Ne parvenant pas à nous extraire de ce local, le gardien X, se saisit de sa matraque téléscopique et porte plusieurs coups au niveau du ventre, des jambes et des bras de l’homme".

Mais les images de vidéosurveillance révélées ce jeudi par le site Loopsider ont montré une toute autre scène: on y voit les agents rouer l'homme de coups, sans que celui-ci semble répliquer. Plus tard, expulsés des studios par des jeunes hommes présents pour un enregistrement, les policiers y ont envoyé une grenade anti-émeute.

Article original publié sur BFMTV.com