Et si la productivité était une notion antiféministe ?

Se donner à fond pour sa boîte, ne pas compter ses heures, être perfectionniste... Autant d'expressions qui pourraient faire de vous l'employée modèle du mois, créative et investie. Mais est-ce vraiment très sain tout cela ? Et si le culte de la productivité, inhérent à l'imaginaire de l'entreprise, nous éloignait de toute possibilité d'émancipation ? Plus encore, et si cette sacrosainte productivité était l'inverse-même du féminisme ?

C'est cette question audacieuse que pose franco l'experte du travail au sein du média Welcome to the jungle Laetitia Vitaud dans un ouvrage aussi acerbe que nécessaire : En finir avec la productivité (Editions Payot). Titre radical replaçant cette valeur, d'aucuns diront cette qualité, au sein du vaste système capitaliste, mais aussi patriarcal, qui l'alimente.

Au fil des pages, l'autrice démontre à quel point cette notion de business fait du mal aux femmes. Et au féminisme.

Quand la productivité étouffe la sororité

Voilà de quoi faire déchanter les working girls. Puisqu'elle sert avant tout un système capitaliste peu porté sur l'égalité des sexes - la comparaison des salaires entre les genres suffit à le démontrer - difficile de voir en la productivité une forme d'épanouissement personnel.

Déjà, car l'individu y importe davantage que le collectif. La productivité est avant tout individuelle, et c'est ainsi qu'elle se fait "marqueur de statut social, mérite moral voire même religion...

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