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Un prof devant chaque classe : Les Français sceptiques sur la promesse de Macron pour la rentrée - EXCLUSIF

Emmanuel Macron photographié lors de la visite d’une école à Jarnac (Charente) le 28 février (illustration)
Emmanuel Macron photographié lors de la visite d’une école à Jarnac (Charente) le 28 février (illustration)

POLITIQUE - « Compte tenu des enjeux, l’éducation fait partie du domaine réservé du président », soutenait Emmanuel Macron dans son entretien fleuve accordé au Point le 23 août. Un mois plus tôt, le 24 juillet, le chef de l’État promettait « un professeur devant chaque classe » dès cette rentrée. Une promesse ambitieuse, voire irréaliste, au regard de la pénurie d’enseignants dont souffre le secteur, mais qui a été réitérée lors de sa conférence de rentrée par le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal.

À quelques jours de la rentrée, les Français ont, eux, bien du mal à y croire. Selon un sondage réalisé par YouGov pour Le HuffPost, plus de 7 sondés sur 10 (76 %) ne font pas confiance à Emmanuel Macron pour y parvenir. Dans le détail, seuls les sympathisants de la majorité semblent y croire. Et encore, à hauteur de 55 %, ce qui montre que même dans son camp, le chef de l’État a du mal à convaincre sur ce dossier.

Le retour des maths plébiscité

Même désaveu concernant son autre promesse : « remettre de l’autorité à l’école ». Là encore, une très large majorité de Français (72 %) ne lui font pas confiance, à l’exception des électeurs Renaissance, qui affichent un taux de confiance à 64 %. Une incapacité à convaincre au-delà de ses sympathisants que le chef arrive néanmoins à dépasser sur d’autres sujets touchant à l’éducation.

Alors qu’Emmanuel Macron avait annoncé au mois de juin le retour des mathématiques dans le tronc commun des classes de première, ce qui a été confirmé pour cette rentrée par Gabriel Attal, les Français approuvent très largement. Ainsi, 82 % des sondés soutiennent la réintroduction de cette matière, qui avait été supprimée du tronc commun par son ancien ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, en 2019.

Pas de consensus sur les constats

En revanche, pour ce qui est des constats qu’il donne sur l’école, c’est bien plus mitigé. Les Français ne partagent pas vraiment le diagnostic prononcé par Emmanuel Macron, qui estime que les écoliers ont « trop de vacances ». Seulement 42 % des sondés sont d’accord avec lui, quand 47 % des personnes interrogées jugent que les vacances scolaires ne sont ni trop longues ni trop courtes.

Même difficulté à faire consensus concernant les « journées trop chargées » pointées par le locataire de l’Élysée. Si 47 % des sondés partagent cette analyse, 36 % des Français persistent à penser que les journées sont ni trop, ni pas assez chargées.

Ce qui montre que les citoyens sont très partagés sur ses constats, indépendamment des clivages puisque, les électeurs des Républicains partagent le diagnostic présidentiel sur les vacances trop longues, quand ceux de la Nupes sont d’accord pour dire que les journées sont trop chargées. Une sorte de « en même temps » avec lequel Emmanuel Macron devra composer pour s’occuper de son « domaine réservé ».

Cette enquête a été réalisée sur 1 036 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 28 au 29 août 2023.

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