Quoi qu’il arrive le 3 novembre, le phénomène Trump ne disparaîtra pas

Mathieu Dejean
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(Saul Loeb / AFP)
(Saul Loeb / AFP)

Quoi qu’il arrive le 3 novembre, jour des élections présidentielles états-uniennes, le phénomène Trump ne disparaîtra pas. C’est en résumé la conclusion un peu “douche froide” d’un essai percutant de Christian Salmon paru ces jours-ci, La tyrannie des bouffons (éd. Les Liens qui Libèrent). Car l’élection du milliardaire issu de la téléréalité, en 2016, n’est pas un accident de l’histoire. C’est au contraire un signe des temps qui ne trompe pas. L’avènement au pouvoir au niveau global de leaders au style comparable depuis quatre ans le confirme, que l’on pense à Jair Bolsonaro, Matteo Salvini ou Boris Johnson. Mais comment définir ce “style” visiblement voué à perdurer, et quels en sont les ressorts ?

Pour Christian Salmon, auteur d’une série d’enquêtes sur les mutations de la condition politique depuis les années 1990 inaugurée par Storytelling (éd. La découverte, 2007), la catégorie de “populiste” est inopérante, d’une part parce qu’elle a une histoire passablement extensible (des populistes russes au péronisme), mais surtout parce que des divergences idéologiques importantes séparent ces personnalités. C’est pourquoi il lui préfère le terme de “pouvoir grotesque” (expression empruntée à Michel Foucault dans son cours au Collège de France de 1975-1976), entendu au sens premier

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