Qu’est-ce que le suicide forcé, une violence conjugale méconnue ?

Stephane Lemouton / Bestimage

Chaque année en moyenne en France, 200 femmes mettraient fin à leurs jours en raison des violences conjugales dont elles sont victimes. Au niveau européen, 1.136 femmes ont été poussées au suicide en 2017, selon un rapport transmis à la Commission européenne. Comme le rapporte Libération, jeudi 3 novembre 2022, le harcèlement moral d'un conjoint ou d'un ex sur son partenaire devient une circonstance aggravante dès lors qu'il mène au suicide ou à la tentative de suicide de la victime. Dans ce cadre, l'auteur des violences s'expose à une peine de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende, d'après une loi votée en juillet 2020 dans le cadre du Grenelle contre les violences conjugales. Le Code pénal français est ainsi devenu le premier d'Europe à reconnaître ce délit. Comment définir cette notion si complexe et méconnue ? Pousser au suicide, dans le cadre de violences conjugales, ne signifie pas forcer directement la victime, par la contrainte, à s'ôter la vie. Plus exactement, c'est l'aboutissement d'un contexte de violences psychologiques, verbales et physiques exercées par le conjoint sur son partenaire, qui conditionne la victime à vouloir "en finir".

En 2021, 122 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex. Cela représente une victime tous les trois jours. Mais si l'on considère les suicides forcés, le nombre de féminicides en France est en réalité beaucoup plus important. Car les violences physiques ne sont pas les seules à conduire à la mort. L'isolement, les brimades, (...)

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