Après la fermeture des écoles, qui travaille? Ces couples témoignent

Sandra Lorenzo
Qui des deux parents va garder le ou les enfants pendant ces prochaines semaines de confinement? Comment s’est prise cette épineuse décision?

CORONAVIRUS - À partir de ce lundi 16 mars, nous basculons dans une grande inconnue. Les crèches, écoles, collèges et lycées fermés, 12 millions de jeunes Français vont, pour la majorité d’entre eux, rester à la maison. Ce ne sera pas des vacances, l’école ne sera pas finie. Les parents aussi devront certainement télétravailler en parallèle. Une situation inédite due à l’épidémie du coronavirus Covid-19 qui a pris de court bien des couples qui ont regardé jeudi 12 mars au soir le président de la République l’annoncer en direct. 

Qui des deux parents va garder le ou les enfants pendant ces prochaines semaines? Comment s’est prise cette épineuse décision? Qu’est-ce que cela veut dire du partage des tâches au sein du couple? Cinq couples ont accepté de nous raconter les dessous de cette discussion où se mêlent argent, carrière et activités manuelles.

“Je viendrai aider quand tu auras des réunions”

Camille et Alexandre ont la trentaine. Avant l’allocution, la jeune femme parlait déjà des mesures mises en place par son employeur, une grande entreprise américaine, notamment concernant la généralisation du télétravail. Après les annonces, Camille le dit très naturellement, “je ferai du télétravail, pas de problème”. Leur fille Lise a presque un an et va à la crèche de leur quartier à Clichy dans les Hauts-de-Seine, un établissement concerné par la fermeture. “Alexandre n’a pas réagi tout de suite”, se souvient-elle. “Et moi, non plus.” 

Et puis la soirée avance, “j’ai commencé à réfléchir à mon planning, je suis allée voir si j’avais des échéances importantes”, raconte encore cette cadre dans le marketing. “En fait, j’ai des réunions lundi et mardi”, a-t-elle dit à son mari. Camille l’explique sans faux semblant, au sein de son couple, c’est elle qui gère le plus leur fille. “Nous avons pris de mauvais réflexes au quotidien depuis mon congé maternité. Par exemple, tous les jours ou presque, je l’amène le matin à la crèche, et c’est moi aussi qui vais la chercher le soir”,...

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