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Réforme des retraites : Emmanuel Macron a trouvé un bon côté à la proposition de loi de Liot

Une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites qui prévoit le passage de l’âge légal à 64 ans sera discutée le 8 juin à l’Assemblée nationale.
Une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites qui prévoit le passage de l’âge légal à 64 ans sera discutée le 8 juin à l’Assemblée nationale.

POLITIQUE - Pour sa majorité, c’est un casse-tête et encore des débats à venir pour affiner la stratégie. Mais pour Emmanuel Macron, la proposition d’abrogation de la réforme des retraites, qui sera défendue le 8 juin par le groupe indépendant Liot a un côté positif.

Elle donnera une nouvelle occasion à son camp « d’expliquer » le projet de loi. « Si j’ai un regret, c’est que nous n’ayons pas réussi à expliquer suffisamment la nécessité de cette réforme », a déclaré le chef de l’État dans une interview au journal L’Opinion, dénonçant également un « déni de réalité » dans le débat.

Emmanuel Macron était invité à se projeter sur la journée du 8 juin, lorsque le groupe indépendant Liot défendra une proposition de loi pour abroger sa réforme, avec le soutien de tous les députés opposants au texte. « Pour la majorité, ce sera l’occasion de continuer à expliquer notre projet », a estimé le chef de l’État.

Contrairement à la motion de censure que le groupe Liot avait opposée au 49.3 du gouvernement, cette proposition de loi n’aura besoin que d’une majorité simple pour être adoptée. Ce qui lui donne des chances de pouvoir être adoptée en fonction de ce que feront Les Républicains.

La majorité ne sait pas quelle stratégie adopter

« Il devra d’abord y avoir un débat où chacun devra prendre ses responsabilités et expliquer comment on finance », a lancé le chef de l’État aux oppositions. « Ayons le courage de le faire. Et pas en catimini. Que l’on m’explique alors comment, sans réforme, financer une proposition de loi à 15 milliards d’euros. Par le déficit, avec les intérêts à venir ? En réduisant d’autres politiques publiques ? En baissant les pensions ? En augmentant les cotisations ? », a-t-il égrainé. « Certains disent “ les gros salaires doivent payer ”. Ne nous mentons pas : les classes moyennes aussi devront payer », a encore affirmé le chef de l’État.

Au sein du camp présidentiel, le débat sur la stratégie à adopter pour cette journée n’est pas tranché, entre les possibilités d’entraver le texte avant son arrivée en séance pour des questions de recevabilité, de faire de l’obstruction pendant les débats, qui devront quoi qu’il arrive se terminer à minuit. Ou encore laisser la proposition être mise au vote, quitte à risquer l’adoption du texte qui sera confronté à un chemin législatif complexe derrière, avec notamment l’hostilité du Sénat. Une réunion au sommet doit avoir lieu mardi pour trancher.

Emmanuel Macron a également estimé que le dossier retraites n’était pas « classé », en raison des dispositions censurées par le Conseil constitutionnel, notamment sur l’emploi des séniors. « Elles feront partie de la négociation avec les syndicats, je souhaite qu’on avance », a-t-il déclaré.

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