Réforme des retraites : les Français en colère

Patrick Williams

Alors que le projet de réforme des retraites a décidé au moins 806 000 personnes à manifester le 5 décembre, la philosophe Cynthia Fleury revient pour nous sur la singularité du malaise social en France.

La mobilisation massive du jeudi 5 décembre a marqué le coup d'envoi du mouvement social contre la réforme des retraites. Quels sont les enjeux de cette protestation ? Éléments de réponse avec la philosophe Cynthia Fleury, professeure titulaire de la chaire humanités et santé au Conservatoire national des arts et métiers, alors que son essai « La Fin du courage » est adapté ces jours-ci au théâtre avec Isabelle Adjani. Interview.

ELLE. En quoi ces manifestations vous paraissent-elles originales ou inédites ?

Cynthia Fleury. Il y a une aggravation lente et régulière du déficit de confiance. La séquence des Gilets jaunes perdure, la mimétique avec des mouvements sociaux étrangers est plus forte que par le passé, la mondialisation malheureuse est passée par là. C'est cela, l'inédit : un compromis social qui est de plus en plus fragmenté, un sentiment national qui est celui du repli, la présence forte de relents pleins de ressentiments.

ELLE. Ce mouvement de grève symbolise-t-il selon vous un malaise plus profond ?

Cynthia Fleury. La communication sur le projet de loi est floue, le gouvernement continue de vouloir faire croire à l'impossible - « tout le monde sera gagnant ». C'est, à court et moyen termes, rigoureusement impossible, et chacun le sait. Nous construisons peut-être un régime de retraites viable pour les générations futures, mais cela relève plus du pari que de la certitude. Aujourd'hui, nos concitoyens supportent mal...

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