Régis Jauffret dans le grand bain de Flaubert

Virginie Bloch-Lainé
·2 min de lecture

Pour le bicentenaire de la naissance de Flaubert, Régis Jaubert offre, avec « Le dernier bain de Gustave Flaubert », le roman d'un grand écrivain sur un monstre sacré. 

Sans doute est-ce la biographie idéale : formellement inventive, elle ressuscite Flaubert en lui donnant la parole post mortem. Elle lui prête des colères qui lui vont comme un gant, car l'auteur de « Salammbô » était volcanique. Régis Jauffret l'est peut-être aussi. Dans ce portrait, tout est vrai et tout est inventé : « Un défunt ne prend pas la peine de se manifester pour reproduire Wikipédia. Je vous donne ici des phrases de mon cru dont le plus souvent vous ne trouverez trace ni dans mes œuvres ni dans ma correspondance ni d'une façon générale dans aucune archive. Deux siècles après sa naissance, un écrivain doit se renouveler. » Il meurt le 8 mai 1880, jour où commence ce livre composé de deux parties. Dans la première, Jauffret entre dans la peau d'un Flaubert sur le point de rendre l'âme. Il explique de quel bois sa vie fut faite, se souvient de ses amantes et de ses amants. Il se reconnaît revêche : « Le romantisme a agi sur ma génération comme un lent poison qui peu à peu nous a empêchés de voir les couleurs de la vie. […] Nous nous serions sentis sots de n'être pas funèbres. » Il se sait styliste : « À la fin de mes jours, j'étais devenu un bigot du style, ces vocables proscrits étaient pareils à des impuretés qui terniraient la limpidité d'une âme. La souffrance d'écrire, c'est moi qui l'ai inventée. » Dans la seconde partie du livre, Jauffret remplace le « je » par un « il », et examine son héros (mort)...

Lire la suite de l'article sur Elle.fr

A lire aussi