Réseaux sociaux : comment l’utopie a viré au cauchemar

Mathieu Dejean
·1 min de lecture
© Wild Bunch Distribution
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Au milieu des années 2010, une start-up californienne spécialisée dans l’analyse de données lance un nouveau service. Il permet à ses client·es de mesurer la fréquence de l’engagement de leurs utilisateur·trices en temps réel. Son nom, “Addiction”, agace Anna Wiener au plus haut point. Cette New-Yorkaise de 25 ans, employée par la start-up (dont l’anonymat est préservé), a rejoint la Silicon Valley avec des rêves de révolution numérique.

On croit alors, dans la foulée des Printemps arabes, que le web 2.0 va faire tomber toutes les dictatures, construire des communautés et abolir les frontières. Mais elle-même se sent de plus en plus dépendante aux applis et juge peu déontologique de prendre à la légère cette névrose générationnelle. La réplique pleine de cynisme de son boss, à qui elle confie ses réserves, en dit long : “Nous appelons bien nos clients des users” (le mot anglais peut signifier autant “utilisateur·trices” que “drogué·es”). Dès lors, Anna Wiener prend du recul.

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