Résultats des élections sénatoriales : LFI et le reste de la gauche continuent de s’écharper sur la stratégie

L’union de la gauche telle qu’elle a été scellée en mai 2022 pour les législatives n’a pas été reproduite pour les sénatoriales de ce dimanceh 24 septembre.
THOMAS SAMSON / AFP L’union de la gauche telle qu’elle a été scellée en mai 2022 pour les législatives n’a pas été reproduite pour les sénatoriales de ce dimanceh 24 septembre.

GAUCHE - Les succès ne suffisent pas à faire taire les dissensions. Et pour cause, si la gauche a globalement réussi de bonnes élections sénatoriales ce dimanche 24 septembre (elle devrait compter une centaine d’élus dans la nouvelle assemblée), une de ses composantes n’a pas le sourire.

Bien que Jean-Luc Mélenchon se félicite de l’élection à la Réunion d’un candidat qu’il soutenait, la France insoumise n’est pas parvenue à faire élire de sénateur. Et son mouvement n’a pas tardé à trouver le responsable : les autres forces de la NUPES, appelées « vielle gauche » dans un communiqué publié dans la soirée.

« Nous étions rejetés de tout accord par les partis traditionnels de la gauche. Le choix de la division fait par les socialistes, écologistes et communistes et l’éparpillement des listes coûtent aux composantes de la NUPES une demi-douzaine de sièges et aident à la progression de l’extrême droite au Sénat », peut-on lire dans ce texte acerbe repris par plusieurs élus.

Avant ce scrutin, les socialistes avaient signé un accord avec les écologistes et les communistes dans une quinzaine de départements. Cela a notamment permis à la gauche de gagner des sièges à Paris où l’écologiste Yannick Jadot et le communiste Ian Brossat ont été élus sur la liste menée par le socialiste sortant Rémi Ferraud.

Selon les calculs de la France insoumise, impossibles à vérifier, si les listes d’union avaient englobé leur parti, une dizaine de députés de gauche supplémentaires auraient pu être élus. Faux, répond Patrick Kanner, le président du groupe PS au Sénat. « Je pense que ces élections méritaient mieux de la part de LFI qui se présentait avec des candidats face à nous (...). C’est faux que la gauche a perdu 10 sièges ; au contraire on a perdu un siège en Essonne à cause d’eux », a déploré le sénateur du Nord ce lundi sur Public Sénat. Des écologistes accusent aussi la présence de la liste LFI d’avoir fait battre un candidat de gauche au profit de l’UDI dans les Hauts-de-Seine.

Sénatrice écologiste du Rhône, Raymonde Poncet-Monge n’est pas d’accord pour faire des insoumis les boucs émissaires de ces quelques défaites. Elle estime sur X (ex-Twitter) qu’avoir refusé toutes les demandes, parfois légitimes, de LFI a logiquement conduit le parti de Jean-Luc Mélenchon à partir seul.

Alors que se profilent des listes autonomes lors des prochaines élections européennes, chacun trouvera dans ces résultats de nouvelles raisons de pousser sa stratégie. Bref, l’union de la gauche telle qu’elle a surgi aux législatives de juin 2022 n’est pas un modèle voué à se reproduire facilement.

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