Les ragots auraient (aussi) quelques bienfaits

Johanna Amselem
·3 min de lecture

Selon une étude, les commérages permettraient de faciliter la connexion sociale au-delà de leur connotation négative.

Si nous aimons écouter les ragots sur les autres, nous aimons rarement quand ils sont à notre sujet… Les commérages sont souvent pointés du doigt par la société. Pourtant, ils pourraient avoir certains bienfaits. Une étude de Dartmouth (États-Unis) s’est intéressée à l’intérêt (possible) des ragots. Et, il semblerait que les commérages puissent avoir certains bienfaits. En effet, ils faciliteraient la connexion sociale et permettraient d’en apprendre plus sur le monde indirectement à travers les expériences des autres.

Les ragots ne propagent pas nécessairement des rumeurs ou ne disent pas de mauvaises choses sur les autres, mais peuvent inclure de petites conversations. Des recherches antérieures ont révélé qu'environ 14% des conversations quotidiennes des gens sont des potins, et principalement de ton neutre. "Les ragots sont une forme complexe de communication qui est souvent mal comprise. Cela peut être un moyen de connexion sociale et substantielle au-delà de sa connotation négative typique", déclare Eshin Jolly, chercheur postdoctoral au Computational Social Affective Neuroscience Laboratory (COSAN) et co-auteur de l'étude avec Luke Chang, professeur adjoint de psychologie et des sciences du cerveau et directeur du COSAN Lab à Dartmouth.

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Une communication multiforme

Dans le cadre de cette étude, ils ont créé un jeu en ligne pour examiner le rôle des potins et comment ils se manifestent à mesure que les informations deviennent plus incertaines. Les participants ont joué 10 parties en groupes de six personnes. À chaque tour, les joueurs recevaient de l’argent et pouvaient choisir de conserver l'argent ou d'investir une partie de celui-ci dans un fonds commun avec les autres joueurs. Cette somme était alors multipliée par 1,5 et divisé entre les joueurs. Toutes les conclusions ont été publiées dans Current Biology.

"Notre inspiration a été de créer un scénario réaliste, dans lequel vous êtes membre d'une communauté et affecté par les actions de tous les autres membres de la communauté, mais avec lesquels vous observez rarement et avec lesquels vous interagissez directement", a expliqué Eshin Jolly. Dans certains jeux, les joueurs pouvaient discuter en privé avec un autre membre du groupe. Cela permettait aux joueurs de transmettre des informations sur le comportement des autres joueurs à leur partenaire. Les chercheurs ont démontré comment les ragots représentent une communication riche et multiforme avec plusieurs fonctions sociales.

Nouer des relations

Les conversations spontanées à propos des autres se produisaient plus fréquemment pendant les jeux lorsque les joueurs ne pouvaient observer que le comportement de quelques-uns des membres de leur groupe. Lorsque les joueurs pouvaient observer directement tous les membres de leur groupe, ils avaient tendance à bavarder et à discuter d'un plus large éventail de sujets. Les résultats ont également montré que les participants qui discutaient entre eux se sentaient les plus connectés les uns aux autres et partageaient même des impressions similaires des autres joueurs de leur groupe.

Les auteurs expliquent qu’en échangeant des informations avec les autres, les ragots sont un moyen de nouer des relations. Ils impliquent la confiance et facilitent un lien social qui se renforce à mesure que la communication se poursuit. "Les ragots peuvent être utiles car ils aident les gens à apprendre à travers les expériences des autres, tout en leur permettant de se rapprocher les uns des autres dans le processus", conclut Eshin Jolly.

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