Quel rapport Donald Trump a-t-il à la culture ?

Jacky Goldberg, Yann Perreau
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(© Pau BARRENA / AFP)
(© Pau BARRENA / AFP)

8 novembre 2016. Personne n’arrive à y croire, parmi la quinzaine d’invités de cette “élection night”. Avec nos trois heures de retard sur la côte est, il est encore tôt ici, à Los Angeles, quand les résultats tombent. A la stupéfaction succède bientôt l’inquiétude. “Qu’est-ce qu’on va devenir ?” s’interroge notre hôte. Réalisateur notamment de Grease et de Le Lagon Bleu, Randal Kleiser fut l’un des premiers à revendiquer son homosexualité, sujet tabou jusque récemment à Hollywood. Ses convives de ce soir travaillent presque tous dans The industry. Membres pour la plupart de la communauté LGBT +, certains mariés, d’autres parents d’enfants adoptés, ils se demandent si leurs droits vont être menacés par leur nouveau président. L’élection du milliardaire populiste a pris le monde de la culture, comme le reste du pays, au dépourvu. Hormis quelques exceptions, pas un artiste ne s’était déclaré pour lui. Alors, à Hollywood comme ailleurs, c’est la gueule de bois. Quelques celebrities s’émeuvent sur Twitter, Katie Perry se dit "en larmes", Madonna affirme "la lutte ne fait que commencer", et puis ça s’arrête là. On attend de voir ce qu’il se passera après les quelques mois de transition, et Barack Obama reste aux commandes du pays jusqu’à la fin de l’année.

Le 20 janvier 2017, jour de l’investiture du 45ème Président des États-Unis, une dizaine de musées et théâtre restent fermés dans tout le pays. D’autres comme le MOCA, ou le Whitney Museum, proposent la gratuité pour la journée. Ils répondent ainsi à l’appel à la grève, "art strike" lancé quelques jours plus tôt par un collectif de curateurs, critiques et artistes, parmi lesquels Cindy Sherman, Richard Serra, Thomas Hirschhorn. “La grève de l’art est une stratégie pour lutter contre la normalisation du trumpisme explique leur pétition, ce mélange de suprématie blanche, de misogynie, de xénophobie et de règles oligarchiques”. A Broadway, le Vice-Président Mike Pence est lui aussi pris à partie par la troupe de la comédie musicale "Hamilton", à la fin du spectacle, quand tout le monde est encore assis. Et à la cérémonie des Golden Globes, Meryl Streep fustige, sans jamais le nommer, le nouveau Président. Ces actions étonnent et passent parfois mal, même à gauche.

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