Ras-le-bol de la fuckzone : "Quand mes potes ont appris que j'étais en couple, ils ont arrêté de m'inviter"

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Si tout le monde connaît le principe de la "friendzone", celui de la "fuckzone" est un peu plus obscur. Certaines personnes, lassées d'être considérées avant tout comme des partenaires sexuelles potentielles par leurs interlocuteurs, dénoncent cet espace mental dans lequel elles en ont marre de se retrouver. Et leurs témoignages sont édifiants.

"Pff, elle m'a friendzoné". Cette phrase, vous l'avez sans doute déjà entendue, que ce soit dans la vraie vie, dans un film ou dans une série télévisée. Lorsqu'une personne souhaite avoir une relation amoureuse ou sexuelle avec une autre, et que cette dernière lui répond : "Je préfère qu'on reste amis", notre entourage a vite tendance à crier à la friendzone. Mais cette expression énerve de plus en plus de monde, et en particulier les femmes (qui en sont généralement plus victimes que les hommes), et ce, depuis de nombreuses années. À tel point qu'il existe désormais une réponse à ce type de reproche : "Ce n'est pas nous qui vous mettons dans la friendzone, c'est vous qui nous mettez dans la fuckzone."

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"Un de mes camarades de classe m'a reproché de mettre une jupe quand on se voyait"

La fuckzone correspond à une double réalité. La première, c'est que certaines personnes vont partir du principe que vous n'existez que pour avoir une relation sexuelle avec eux, et que leur attitude change dès que vous avez établi clairement que vous ne coucherez pas avec elle. La seconde, c'est quand une personne se sert des sentiments que vous ressentez pour elle pour vous attirer dans son lit, sans avoir pour autant envie de quoi que ce soit de plus.

Manon, 25 ans, s'est retrouvée dans la première situation lorsqu'elle était étudiante. "Je suis arrivée à la fac après un BTS, directement dans une petite promo de L3. Tout le monde se connaissait déjà et ne semblait pas vraiment partant à l'idée de se faire une nouvelle amie. Un élève s'est finalement rapproché de moi. On a sympathisé, mais pour moi, il n'y avait aucune ambiguïté puisque je savais qu'il était en couple, et qu'il me parlait régulièrement de sa copine." Les choses ont changé lorsque la jeune étudiante a invité son ami à voir un film chez elle : quoi de plus normal pour des étudiants en cinéma ? Pendant la soirée, le jeune homme reçoit le coup de fil d'une fille en pleurs, qui lui demande de venir la rejoindre. "Il lui a répondu qu'il ne pouvait pas, qu'il était en train de travailler avec UN ami. On peut mentir sur l'activité pour échapper à une situation, mais ce n'est pas innocent de changer le genre de la personne avec qui on est. Il m'a affirmé que c'était sa meilleure amie, mais je pense que c'était plutôt sa copine."

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Tout au long de la soirée, son camarade de classe a tenté plusieurs rapprochements physiques, mais à chaque fois, Manon s'est éloignée de lui. Jusqu'au moment où elle a clairement dû lui dire qu'elle ne coucherait pas avec lui. "Il s'est énervé, m'a reproché d'avoir mis une jupe ce soir-là, et il est parti. Depuis, il est extrêmement froid avec moi quand il ne m'ignore pas, et il me rabaisse régulièrement. Je sais qu'il raconte des mensonges à mon sujet aux autres élèves de la promo, mais personne ne veut me dire quoi que ce soit." Et aujourd'hui, la jeune femme ne s'en cache pas : "Le fait d'avoir été 'fuckzonée' à plusieurs reprises a été très blessant, et a fortement entamé ma confiance en moi comme envers autrui."

"Les mecs de ma classe ont cessé de m'inviter le jour où ils ont appris que j'avais un mec"

Âgée de 22 ans, Rosa a malheureusement vécu une expérience similaire, dont elle garde un très mauvais souvenir. "Je suis en école d'informatique, et surtout, je suis la seule femme de ma classe", confie-t-elle. Au début, tout se passait très bien, et elle avait pris l'habitude de fréquenter régulièrement ses camarades de classe. Jusqu'au jour où elle leur a annoncé qu'elle était en couple. Loin de se réjouir pour elles, ils ont préféré l'ostraciser. "Quand ils ont découvert que j'avais un mec, les élèves de ma classe ont arrêté de m'inviter aux soirées."

La jeune femme évoque une attitude qui a totalement changé, et ce presque du jour au lendemain. "Certains mecs de ma classe m'avaient déjà fait des remarques, des compliments très orientés sur le sexe, mais toujours de manière plus ou moins sous-entendue. Ceux qui m'avaient classée dans la 'fuckzone' étaient sans doute les plus gentils, ceux qui faisaient semblant de s'intéresser à ce que je faisais, ce que j'aimais. J'étais beaucoup plus facilement intégrée. Et lorsque j'ai commencé à leur dire que j'étais en couple, ils n'ont pas tardé à arrêter de m'inviter aux soirées ou de m'intégrer dans les activités de groupe. Sur un délai de 3 semaines c'était devenu des collègues de cours et plus des amis comme je le pensais."

"J'ai compris que mon crush se foutait de moi quand il s'est tapé mon coloc"

Automne, 18 ans (qui répond au pronoms iel et ellui), a aussi bien connu la friendzone que la fuckzone. "Il y a quelque temps, j'ai eu un crush sur une personne qui m'a full friendzoné.e. Mais les choses ont fini par déraper, et on a commencé à coucher ensemble", raconte cet·te étudiant·e. Seul problème : ellui ne voulait pas seulement se contenter de sexe, et souhaitait avoir une vraie relation avec son amant. "Au bout de quelque temps, on a fini par s'embrouiller car j'avais compris qu'il avait joué sur mes sentiments pour obtenir ce qu'il voulait. J'ai compris qu'il se foutait de moi au bout de deux mois, quand il a commencé à se taper mon coloc, alors qu'il me faisait miroiter des choses, à l'époque. J'étais vachement naïf·ve, donc je l'ai cru." 

Aujourd'hui, Automne l'affirme : "On ne s'est plus vraiment parlé par la suite. Au début, ça m'a pas mal affecté·e, puis c'est passé tranquillement." Et de conclure : "Si j'ai un conseil à donner aux personnes qui pourraient se retrouver dans ma situation, c'est de ne jamais coucher avec des gens pour qui on a des sentiments non-réciproques. On finit toujours par être déçus."

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