Redécouvrir “Le Monde sur le fil” de Fassbinder, chaînon manquant entre “La Jetée” et “Matrix”

Bruno Deruisseau
·1 min de lecture
© Carlotta Films
© Carlotta Films

Lorsque Matrix sort en 1999, on se dit que le cinéma vient de produire un film pour le siècle qui arrive, celui de la possibilité d'un monde virtuel semblable au nôtre et celui de la tyrannie technologique. Mais déjà, vingt-sept ans plus tôt, avant internet, avant même la popularisation des ordinateurs, Rainer Werner Fassbinder signe, avec Le Monde sur le fil, un chef-d’œuvre de science-fiction d'un degré d'anticipation étourdissant.

Le découvrir aujourd'hui, c'est comme trouver le chaînon manquant entre les grands films d'auteur d'anticipation des années 1960 – La Jetée de Chris Marker (1962), Alphaville de Jean-Luc Godard (1965), Fahrenheit 451 de François Truffaut (1966), 2001 : l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick (1968) – et les films de science-fiction plus récents, où plusieurs réalités se côtoient – la trilogie des Wachowski, Inception de Christopher Nolan (2010), Total Recall de Paul Verhoeven (1990), The Truman Show de Peter Weir (1998) et eXistenZ de David Cronenberg (1999).

Œuvre méconnue et restée invisible pendant trente-sept ans, Le Monde sur le fil est un téléfilm de presque trois heures et demie, diffusé en deux parties en 1973 et adapté de Simulacron 3, un roman de l'Américain Daniel F. Galouye paru dix années plus tôt.

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