A la rencontre des châtelains d’aujourd’hui

Bien plus qu’une tendance, la valeur refuge de la pierre et du patrimoine bâti fait vibrer plus que jamais. Dans un très beau livre Catherine Scotto, un temps rédactrice en chef de Elle Décoration, vous invite à découvrir « en exclusivité » la folie douce et contagieuse des nouveaux châtelains.Passionnés, ils sont les propriétaires atypiques de sites confidentiels, jamais ou rarement ouverts au public, amoureux d’une autre époque, luttant corps et âmes pour continuer à la célébrer longtemps encore. La journaliste Catherine Scotto et la photographe Marie-Pierre Morel vous invitent à venir à la rencontre de ces châtelains des temps modernes dans le livre « Châteaux et dépendances » paru cet automne aux éditions de la Martinière.ELLE Décoration. Qu’est-ce qui et vous attire ou vous lie personnellement au thème de « Châteaux et dépendances » ? Catherine Scotto. Depuis un moment déjà, je sentais un vrai phénomène autour des Châteaux et du patrimoine. En travaillant sur notre hors-série Amour, lorsque j’étais rédactrice en chef de Elle Décoration, j’ai réalisé que tout le monde voulait se marier dans des châteaux ou leurs dépendances et qu’il existait de nombreuses agences pour les louer. Nous avons d’ailleurs publié dans Elle Décoration, le fameux château de la série Downton Abbey !Puis, de nombreuses marques de décoration comme Antoinette Poisson ont commencé à rééditer des papiers peints dominotés du XVIIIème siècle. Dedar et d’autres éditeurs de tissus ont lancé des jacquards représentant des verdures inspirées des tapisseries du XVIIème siècle. Je commençais à me lasser du style 50 et des intérieurs en paille dans le style Ibiza et je découvrais enfin autre chose ! Autour de moi, des amis ont acheté des châteaux « pas chers » pour les retaper. Cette mode s’est amplifiée avec le confinement.La tendance est devenue un projet de livre. ELLE Décoration. Qu’avez-vous voulu montrer de ces châtelains que vous nous invitez à rencontrer ? CS. Je voulais rencontrer des passionnés et surtout pas des héritiers de grandes familles titrées. Ces dernières ont parfois massacré leur héritage, faute de moyen ou de culture historique.Il fallait aussi un photographe qui pose un regard intimiste sur les lieux. Marie Pierre Morel l’a fait avec beaucoup de talent. Grand challenge pour moi qui aime les lieux épurés : je n’ai rien rangé ni accessoirisé pendant les reportages. Nous avons voulu montrer les lieux comme nous les avons trouvés. Comme nous avons dormi sur place, nous avions le temps de photographier chaque pièce à la meilleure heure et parfois très tôt, au lever du soleil. ELLE Décoration. Y a-t-il des points communs entre ces femmes et ces hommes propriétaires d’un patrimoine atypique qui les « dépasse » ? CS. D’une part, tous les châtelains que nous avons choisis ont un univers créatif très fort et une grande culture dans le domaine des Arts Décoratifs.D’autre part, ils ont tous de belles histoires à raconter sur leur château. Ils perpétuent ainsi la mémoire des lieux comme s’ils faisaient partie de la lignée des premiers propriétaires. ELLE Décoration. Comment explique-t-on la passion qui anime ou dévore ces châtelains ? CS. Je crois que tous ces châtelains n’ont pas toujours anticipé la charge que peut représenter un tel achat… Ils sont perpétuellement en travaux. Il y a, chez eux, une vraie excitation à restaurer les lieux puis à les faire découvrir au public. Ils adorent recevoir. Ils sont tous unanimes pour dire qu’ils travaillent pour l’avenir et les générations futures. ELLE Décoration. Avez-vous un (ou des) château(x) préféré(s) parmi toutes ces demeures d’exceptions ? CS. Ayant eu la chance de passer du temps dans chaque château pendant la réalisation du livre, j’ai un peu de mal à choisir. La maison de Jean Rameau, jamais photographiée, nous a énormément émues. Ravel et Digoine sont deux châteaux merveilleux. En réalité, je les aime tous et c’est pour cette raison qu’ils ont été sélectionnés dans ce livre. ELLE Décoration. Comment vos interlocuteurs ont-ils reçu l’ouvrage lorsqu’ils l’ont découvert ? CS. Je les vois ce soir lors de la signature et je ne sais pas encore ce qu’ils en ont pensé… ELLE Décoration. Avez-vous des anecdotes au sujet de la création de cet ouvrage ? CS. Jean-Louis Remilleux, qui a rédigé la préface du livre, est un conteur formidable. Il était passionnant de l’écouter remonter le temps, dès le petit déjeuner, et nous en oublions presque de faire des photos. C’était l’ancien propriétaire du château de Groussay et il est incollable sur toute l’histoire de Charles de Bestegui et du fameux bal du Siècle dont il a réalisé un documentaire. De nombreuses scènes de son émission (il est producteur de l’émission Secrets d’Histoire et de Stéphane Bern) sont tournées dans les décors de Digoine.

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