Rencontre intime avec Stella McCartney : « Tout le monde doit juste s’accepter »

Matthieu Bobard Deliere

Doit-on encore présenter Stella McCartney ? Outre son patronyme légendaire, la fille de Paul a réussi en plus de vingt ans de carrière à imposer son prénom comme marque forte. Lundi 2 mars, elle présentait sa collection automne-hiver 2020/2021 à l’Opéra Garnier. Pionnière de la mode responsable, la designer aux opinions bien tranchées s’est confiée pour ELLE sur ses combats et ses convictions. Un moment privilégié.

ELLE. Bonjour Stella !

Stella McCartney : Bonjour ! (elle s’assied sur un cube sur-élevé) Hey, regardez je suis plus grande que vous. Bon je vais me mettre à votre hauteur, je serai plus confortable.

Comme vous le souhaitez. Pouvez-vous nous présenter la collection, comment est-elle née ?

Cette saison, je voulais regarder en arrière dans l’histoire du glamour. Je me suis permis d’aller vers des choses qui sont habituellement démesurées, que je trouve normalement « non-portables ». Mais je voulais vraiment faire revivre le glamour, l’extravagance, l’excentricité de certaines femmes du passé issues du cinéma, du théâtre, de l’art. Et je me suis rappelé d’une fois où je volais en avion quand j’avais 11 ou 12 ans et Erté (un artiste russe) était à bord lui aussi. Et ma mère m’a dit « si tu veux vraiment devenir une créatrice de mode, tu dois aller le voir et poser tes questions, demander des conseils ». Donc je suis restée pendant tout le vol avec lui. Quand je suis retournée à Londres, j’ai commencé à travailler pour lui en stage. Aujourd’hui tous les imprimés sur le défilé étaient des motifs originaux d’Erté, que l’on n’a jamais vus avant. L’idée était vraiment de regarder la théâtralité, l’exubérance de cette période. Une époque pendant laquelle on pouvait s’évader. Il y a certains moments dans la mode que l’on ne voit que très rarement. Ma tâche était de les rendre réels, facile à porter et...

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