Reportage : les derniers jours des Balkany à Levallois

Ava Djamshidi

Après la condamnation pour fraude fiscale, le couple star de Levallois-Perret a dû rendre les clés de la mairie. Récit en immersion des dernières heures d’un règne pittoresque.

Drôle de Cène. Elle se joue à la tombée du jour, mardi 11 février chez Nini, restaurant juif tunisien de Paris dans le 17e arrondissement, celui qui jouxte le royaume de Levallois-Perret. En lieu et place d'apôtres, près de deux cents habitants, élus et représentants des différentes communautés religieuses de cette cité soignée de 66 000 âmes. Isabelle Balkany trône à la table d'honneur, entourée de l'imam Saïd Assougdam, du père Jacek Mleczko, d'Ali Essebki, président de l'Union des musulmans de la ville. Le pasteur est là, lui aussi. Ambiance retrouvailles familiales, riantes quoiqu'un brin chagrin. C'est qu'il manque une figure à ce repas rituel. Celle du parrain, Patrick Balkany, leur maire historique, élu pour la première fois en 1983. Il dîne de son côté à la prison de la Santé, comme tous les soirs depuis le 13 septembre et sa condamnation pour fraude fiscale. En son absence, c'est sa première adjointe, et épouse depuis quarante-quatre ans, qui prend la parole. Avant d'attaquer les bricks au thon dont elle raffole, « Mme la Maire par intérim » vante le vivre-ensemble, la fraternité. « Je veux que ça continue », leur déclare Isabelle Balkany. Une scène « émouvante », se souvient l'un des convives. Elle a la saveur amère des dernières fois. « Qu'est-ce que vous allez faire après ? » questionne le curé. Impossible de passer à confesse : « Je ne peux même pas me projeter. » On ne coupe pas sans peine le cordon avec...

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