Rescapées du Bataclan : (re)vivre sa vie

Marion Ruggieri

Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, Marie et Caroline racontent leur lente reconstruction avec forcé, émotion et même humour.

Elles ont traversé l'enfer, mais se disent « chanceuses ». Marie et Caroline étaient au Bataclan le soir du 13 novembre 2015. Elles faisaient partie des otages du couloir, une dizaine de personnes mises en joue par deux terroristes. Ceux qui ont vu le documentaire des frères Naudet sur les attentats du 13 novembre* ne peuvent les avoir oubliées. Marie, c'est cette petite brune pétillante qui se cramponne à son sac comme à une bouée de sauvetage. Caroline, c'est la « grande gueule » qui dit « je vais quand même pas me faire tuer par un mec en survêt ! » En commun, elles ont le courage et l'humour comme dernière arme face à la mort. Quatre ans après, elles ont accepté de nous rencontrer, « parce qu'il y a beaucoup d'hommes qui parlent », lâche Caroline, amusée, la voix brisée, comme emportée par le souffle des attentats. Rencontre avec deux femmes extraordinaires.

ELLE. L'attentat du Bataclan a eu lieu dans la soirée du vendredi 13 novembre 2015. Avez-vous repris le travail dès le lundi ?

Marie. Oui, je ne me suis pas posé la question. Le samedi matin, je suis allée déclarer le vol de mon portable au commissariat du 20e arrondissement, où j'habite, car sans mon portable je suis perdue. Quand je leur ai dit que j'étais au Bataclan la veille et qu'un des terroristes me l'avait pris, ils m'ont emmenée illico au 36, quai des Orfèvres faire ma déposition avec Arnaud, mon mari.

ELLE. Y êtes-vous allée juste après la prise d'otages ?

Marie. Avec...

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