Les restrictions anti-sécheresse se multiplient en Italie

AP - Andrew Medichini

Encore sous le choc du drame provoqué le 3 juillet par la rupture partielle du glacier de la Marmolada, dans le massif des Dolomites, qui a fait au moins sept morts et huit blessés, et une douzaine de personnes portées disparues, les Italiens doivent se plier à des restrictions particulières contre la sécheresse due aux effets du changement climatique mais aussi au gaspillage d'eau.

De notre correspondante à Rome,

Dans plusieurs régions, les communes rationnent l’accès à l’eau potable. Et la situation ne semble pas se diriger vers une amélioration après des mois quasiment sans précipitations et des semaines de canicule précoce.

Le plus grand réservoir d'eau de la péninsule s'assèche

Les météorologues prévoient un été incandescent dans tout le pays. L'exemple le plus marquant est celui du Pô, le plus grand fleuve d'Italie dont le niveau d'eau se situe, selon les endroits, entre 30 et 70 % plus bas que la moyenne de la saison. Or, dans la plaine du Pô, l'assèchement du fleuve met en péril un tiers de la production agricole nationale et la moitié des élevages.

Plus de 150 maires de communes du nord-ouest et du nord-est ont donc signé des ordonnances qui limitent l'approvisionnement des ménages en eau potable ou interdisent d'arroser les jardins, de remplir les piscines privées et de laver les voitures. Les mesures sont plus ou moins cocasses. À Milan, toutes les fontaines décoratives ont été fermées. Près de Bologne, le maire d'un village a interdit aux coiffeurs de faire plus d'un shampoing par client. Et même Vérone, la ville de Roméo et Juliette, n'échappe pas aux restrictions, de jour comme de nuit.

Éviter le gaspillage d'eau

Dans les régions du Centre et du Sud, de nombreux édiles ont décidé d'autoriser au compte-goutte l'utilisation de l'eau pour des services non indispensables. Notamment en Sicile où 70 % du territoire est menacé, de longue date, par la désertification. Mais il faut dire aussi qu'il y a énormément de gaspillage d'eau dans toute la péninsule.

On observe une incapacité chronique de l'Italie à entretenir ou rénover les infrastructures pour l'acheminement de l'eau. Au point que 37 % de celle qui passe par les aqueducs est perdue. En outre, les Italiens utilisent 237 litres d'eau, par jour et par personne, contre 120 litres en moyenne dans les autres pays européens. Ce sont autant de facteurs qui aggravent les effets des dérèglements climatiques.

Cinq régions du Nord en état d'urgence

Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence dans cinq régions particulièrement affectées par la sécheresse. Pour les régions concernées : la Lombardie, l'Emilie-Romagne, le Piémont, le Frioul- Vénétie- julienne et la Vénétie, il sera plus facile d'obtenir des ressources supplémentaires pour aider les secteurs les plus en difficulté, ceux de l'agriculture, de l'élevage, mais aussi de la pisciculture.

Par ailleurs, les habitants de ces régions seront soutenus par la Protection civile, comme cela se produit dans tous les cas de calamité naturelle.

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