Retour au travail : limiter les risques

Il y a ceux qui ont continué à travailler au sein de leur entreprise, pendant toute la durée du confinement. Ceux qui ont télétravaillé et qui continueront encore. Il y a aussi ceux qui s’apprêtent à reprendre le chemin de leur travail. Pour accompagner au mieux ces situations et ces vécus différents, l’INRS a établi une liste de bonnes pratiques pour « préparer la reprise d’activité en évitant ou limitant le développement de RPS (risques psychosociaux, ndlr) face à une situation inédite ».

Accueil personnalisé
L’Institut recommande en premier lieu aux employeurs d’aménager un « temps d’accueil » personnalisé pour chaque salarié, afin d’acter son retour au sein de l’entreprise. Il permettra également de « repérer les situations individuelles compliquées, pour proposer éventuellement une prise en charge personnalisée, par le service de santé au travail, le service des ressources humaines, l’assistante sociale de l’entreprise… ». Sur un plan collectif, « il sera également important de marquer symboliquement le retour des salariés ».

Mesures barrière
Le port du masque, l’application des gestes barrière et de la distanciation sociale bousculent considérablement les habitudes des salariés. Qui peuvent s’inquiéter des mesures prises par leur employeur pour protéger leur santé. L’INRS insiste sur l’importance « d’informer, d’expliquer et de former les salariés à l’ensemble de ces mesures (…) pour les rassurer sur cet aspect de leurs conditions de travail ». L’employeur devra également clairement formaliser « qu’il a conscience que l’intégration de ces mesures va demander un temps d’adaptation et nécessitera peut-être d’ajuster les cadences et les objectifs de production ».

Attention à la surcharge
Après des semaines d’activité perturbée, la tentation pourrait en effet être grande d’augmenter les cadences pour rattraper le temps perdu. C’est une fausse bonne idée, prévient l’INRS, qui rappelle que la crise sanitaire a créé un climat d’incertitude et engendré « une certaine tension psychologique, source de fatigue et d’inquiétude. Au sortir de la crise, les salariés ne seront pas reposés, ni détendus, comme s’ils revenaient de congés ». Si un surcroît de travail devait être demandé aux salariés, il ne faudrait pas qu’il se prolonge dans le temps : « l’effet pourrait être contre-productif pour la santé des salariés et donc la mobilisation des ressources humaines de l’entreprise ».

Gérer les tensions
Elles peuvent être de deux ordres : entre salariés (ceux qui ont pu télétravailler et ceux qui sont restés en première ligne, par exemple), et entre salariés et public (clients, usagers, etc.). Dans le premier cas, pour désamorcer les tensions, l’employeur peut rappeler que « la crise sanitaire n’a été choisie par personne mais a été subie par tous » ou qu’« un grand nombre de décisions ont été imposées à l’entreprise ». Dans le second, pour prévenir d’éventuelles violences de clients ou usagers à l’égard des salariés, il faut, plus encore que d’habitude, communiquer : sur les horaires d’ouverture qui ont peut-être évolué, sur la gestion des flux, les retards de livraison…

Valoriser l’expérience
Pendant le confinement, les conditions de travail ont bien souvent été drastiquement modifiées, sans préparation préalable. Après avoir identifié les difficultés des salariés et pris les mesures nécessaires, on pourra aussi saluer leur capacité d’adaptation, « reconnaître les efforts déployés pendant la crise, valoriser le développement des compétences qui a pu s’opérer, l’autonomie, la polyvalence, l’inventivité, l’engagement ». En résumé, « tirer les enseignements pour mieux s’organiser, dans la perspective d’une nouvelle crise sanitaire similaire ».