La retraite, ça chamboule le couple aussi !

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Au Moyen Âge, un couple avait environ quinze ans d’espérance de vie ; de nos jours, on peut espérer rester ensemble pendant cinquante ou soixante ans, soit jusqu’à plus de vingt-cinq ans après le début de la retraite ! Parfois attendu avec impatience, ce moment de retrouvailles à deux n’est pas si évident à gérer. Il oblige à se remettre en question, à réinventer son rapport au temps, à faire le bilan des valeurs qui nous rapprochent... ou nous éloignent. Un inventaire qui se révèle parfois explosif : le taux de divorce des mariages de plus de trente-cinq ans a doublé en dix ans et a été multiplié par neuf en quarante ans. Dans 60 % des cas, ce sont les femmes qui partent. « Contrairement à leurs mères, elles arrivent à la retraite indépendantes financièrement. Même si elles savent que leur niveau de vie va en pâtir, elles préfèrent quelquefois divorcer pour mieux s’épanouir », analyse la psychosociologue Anasthasia Blanché*. Mais ce n’est pas une fatalité : la fin d’une vie professionnelle peut ébranler le couple mais elle est aussi la dernière occasion de le refonder... et de le rendre encore plus fort.

Tournant de vie radical et second chambardement après le départ du nid des enfants, elle questionne notre identité. « De travailleur, on devient jeune retraité ; pour l’Insee, on entre dans la catégorie des “inactifs” ; on touchait un salaire, désormais, on aura une pension... », énumère Anasthasia Blanché. Autant de bouleversements qui peuvent donner le vertige, surtout quand le travail représentait une part essentielle de la vie. En perdant le pouvoir et la reconnaissance sociale liés à leur métier, certains se sentent un peu déboussolés. « Je ne reconnaissais plus mon mari, j’avais l’impression d’avoir un inconnu sous mon toit, se souvient Marie, 68 ans, qui ne rêvait que de voyages et de loisirs partagés. Lui toujours si actif était devenu très casanier, passant parfois des heures devant son ordinateur avec sa bière. Heureusement, cela n’a duré que quelques mois, (...)

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