Retraites : ce qui pourrait changer pour les femmes, et pourquoi ça pose problème

Marie-Stéphanie Servos,Anna Fonters

Depuis le 5 décembre, les Français sont dans la rue pour dénoncer la réforme des retraites portée par le gouvernement. Si le système actuel n’est pas des plus égalitaires (les femmes touchant 42% de retraite de moins que les hommes), Edouard Philippe assure que celles-ci « seront les grandes gagnantes » de la réforme. Une certitude du Premier ministre mise à mal et largement dénoncée par les syndicats et les associations féministes notamment. Alors qu’en est-il vraiment ? Qu’est-ce qui risque de changer pour les femmes si la réforme passe ? Ces dernières seront-elles réellement gagnantes, ou au contraire, perdantes ? Pour essayer de faire le tri et d’y voir plus clair, on vous explique tout.

Temps partiel, écart de salaire et carrière à trous… que va changer le système à points pour les femmes ?

Ce que prévoit le régime actuel :   

Aujourd’hui, la pension de retraite pour les femmes qui exercent dans le privé est calculée sur la base de leurs 25 meilleures années de travail, excluant les périodes non travaillées comme le chômage ou les congés maternité. Pour celles qui travaillent dans le public, la pension de retraite est établie en fonction de leurs 6 derniers mois de salaire.  

Ce que changerait la réforme : 

Les 42 régimes de retraite existants seront supprimés au profit d’un seul régime uniformisé pour l’ensemble des cotisants. Avec la réforme, la pension ne serait plus calculée sur les 25 meilleures années ou les 6 derniers mois mais sur l’ensemble de la carrière, sur la base d’un système de points dont la valeur n’est pas encore définie, et qui pourrait varier selon la situation économique du pays. 

En quoi les femmes seraient-elles pénalisées ?  

Avec ce système de points, les pensions de retraite des femmes seront calculées sur l’ensemble de la carrière, les périodes où elles n’ont pas ou peu travaillé, comme les congés maternité, les périodes de chômage ou encore les temps partiels (des postes en général occupés en majorité par des femmes) seront désormais prises en compte. 

D’après Rachel Silvera, économiste, maîtresse de conférences à l’université Paris Nanterre et co-directrice du...

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