Robert Hossein, celui qui voyait toujours haut et grand

Par Jean-Luc Wachthausen
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Robert Hossein en mai 2018 au Festival de Cannes.
Robert Hossein en mai 2018 au Festival de Cannes.

Sa voix, d'abord : éraillée, puissante, lyrique. À l'image du personnage, contemporain de Belmondo, Marielle, Rochefort, Trintignant et de leur aîné, Michel Bouquet : tous des comédiens à voix. Robert Hossein, décédé ce jeudi à l'âge de 93 ans, en usait comme d'un instrument pour charmer, convaincre, emporter son interlocuteur dans son élan.

Pour lui, chaque projet était un défi, une bataille, presque une offrande à Dieu. Proche d'un personnage dostoïevskien possédé par cette âme slave, ce goût des rires et des larmes, cette « nostalge », comme il disait, qui vous serre le c?ur et ne vous lâche plus. À croire que la démesure n'est pas toujours déraisonnable. Alors, il rêvait tout haut et grand. Souvent, la scène d'un théâtre ne lui suffisait pas. Il lui fallait plus grand, des Palais - des sports ou des congrès ? ou le Stade de France. Il y avait un côté hollywoodien chez ce Parisien né d'un père compositeur, originaire de Samarcande, et d'une mère pianiste russe. Ses origines lui collent à la peau, l'inspirent, lui confèrent un goût immodéré pour la liberté et l'audace.

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Au fil d'une longue et riche carrière d'acteur, de metteur en scène, d'auteur, le succès n'est pas une fin en soi, mais le moyen d'attirer ce public populaire qui se presse à ces grandes fresques historiques. À sa façon, Robert Hossein devient le pionnier des grands spectacles avec une vraie troupe, des figurants, des effets [...] Lire la suite