Les robots sont-ils machos ?

Florence Tredez

Les femmes sont les grandes laissées-pour-compte des nouvelles technologies relatives à l'intelligence artificielle. Décryptage d'une fracture numérique alarmante.

« L'algorithme a-t-il un genre ? » s'interroge Aurélie Jean, docteure en sciences et entrepreneuse, dans « De l'autre côté de la machine » (éd. de l'Observatoire, parution le 13 novembre), où elle relate son parcours de scientifique et de développeuse d'algorithmes en France et aux États-Unis. La question mérite d'être posée, tant les discriminations sexuelles ou raciales liées aux algorithmes sont pointées du doigt. On se souvient de l'appli santé d'Apple, HealthKit, qui permettait de mesurer le taux d'alcool dans le sang, mais n'avait rien prévu pour le cycle menstruel, simplement parce que les personnes qui avaient développé l'algorithme - cet « ensemble de règles opératoires dont l'application permet de résoudre un problème énoncé au moyen d'un nombre fini d'opérations », selon la définition du Larousse - étaient des hommes. En 2015, c'est Amazon qui est mis en cause à travers son algorithme de recrutement. Nourri des données de ressources humaines des dix dernières années (avec des candidats à majorité masculine), celui-ci pénalise les CV comportant le mot... femme ! Puis, en 2016, c'est au tour des outils de traitement automatique du langage employés par Google News de poser problème. En tentant de catégoriser les métiers par genre, et de trouver un équivalent féminin à un mot masculin, le site propose « infirmière » comme féminin de « docteur » et « femme au foyer » en regard de « développeur informatique » !...

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