Ronfler ou se réveiller épuisée “pourrait être associé à un risque de cancer supérieur” chez les femmes

Romina Rodriguez do Campo
Une nouvelle étude vient de révéler que ronfler pourrait être interprété comme un signe précoce de cancer [Photo: Getty]
Une nouvelle étude vient de révéler que ronfler pourrait être interprété comme un signe précoce de cancer [Photo: Getty]

Ronfler ou se réveiller tôt pourrait être un signe de cancer, d’après certains experts.

Les femmes qui souffrent du trouble du sommeil connu sous le nom d’apnée obstructive du sommeil (AOS) seraient davantage susceptibles de souffrir d’un cancer que les hommes atteints de cette maladie, d’après une étude récente.

D’après le NHS, les parois de la gorge se détendent et interrompent la respiration normale durant le sommeil chez les personnes atteintes de cette maladie relativement courante.

Le taux d’oxygène dans le sang est ainsi limité, et la maladie est également associée à un sommeil irrégulier et à une sensation de fatigue extrême.

L’étude publiée dans l’European Respiratory Journal suggère que les personnes qui ont des problèmes avec leurs voies respiratoires durant leur sommeil et dont le taux d’oxygène dans le sang tombe en dessous de 90 % plus régulièrement, sont davantage susceptibles de souffrir d’un cancer.

Mais, ces conclusions ont surtout été constatées chez les femmes, suggérant que les femmes atteintes d’AOS étaient peut-être plus à risque de souffrir d’un cancer que les hommes atteints d’AOS.

L’étude menée par Athanasia Pataka, professeure adjointe en médecine respiratoire à l’université Aristote, a étudié les données de 19 556 personnes (5 789 femmes et 13 767 hommes) incluses dans la base de données European Sleep Apnoea Database (ESADA).

Les participants ont été étudiés en fonction de leur âge et IMC ainsi que leurs habitudes liées au tabac et à l’alcool, tous ces facteurs pouvant avoir un impact sur le risque de cancer.

Les chercheurs ont enregistré la fréquence de la fermeture partielle ou complète des voies respiratoires par heure de sommeil chez chaque participant, tout en calculant le nombre de fois où le taux d’oxygène dans le sang chutait en-dessous de 90 %.

Le cancer était davantage courant chez les femmes atteintes d’AOS que chez les hommes également atteints, même en prenant tous les autres facteurs en compte.

L’étude a conclu que 388 personnes souffraient d’un cancer sérieux, 160 femmes et 228 hommes.

Le cancer du sein était le plus courant chez les femmes, alors que le cancer de la prostate était le plus courant chez les hommes.

Dr Athanasia Pataka a confié à propos des conclusions : “Des études récentes indiquent que des taux d’oxygène dans le sang bas au cours de la nuit et un sommeil perturbé, tous deux courants chez les personnes atteintes d’apnée obstructive du sommeil (AOS), pourraient avoir un rôle important sur la biologie de différents types de cancers”.

“Mais, il s’agit d’un domaine de recherche très récent, et l’impact du genre sur le lien entre l’AOS et le cancer n’a pas encore été étudié en détails”.

Les femmes qui souffrent d’AOP sont davantage susceptibles de souffrir d’un cancer, d’après la recherche [Photo: Getty]
Les femmes qui souffrent d’AOP sont davantage susceptibles de souffrir d’un cancer, d’après la recherche [Photo: Getty]

Mais ne paniquez pas non plus si vous êtes une femme et que vous ronflez ou vous vous réveillez souvent avant le soleil.

La professeure Anita Simonds, du Royal Brompton and Harefield NHS Foundation Trust, qui n’a pas participé à cette étude, explique que la prévalence du cancer chez les participants était finalement très basse.

“Cette étude continue d’illustrer le lien possible entre l’impact de l’AOS, comme un taux d’oxygène dans le sang bas, et le risque de souffrir d’un cancer, tout en fournissant de nouvelles données sur les différences potentielles en matière de genre”, explique-t-elle.

“Dans cette étude, la prévalence globale du cancer était faible, à hauteur de seulement 2 %, et les patients atteints d’AOS ne devraient donc pas être inquiets à cause de cette étude”.

Cependant, les médecins devraient garder cela à l’esprit lorsqu’ils examinent des patients potentiellement atteints d’AOS.

“Les cliniciens doivent continuer à être attentifs lorsqu’ils examinent des patients potentiellement atteints d’AOS, surtout chez les femmes qui souffrent de symptômes moins courants”, précise-t-elle.

De plus, les chercheurs de l’étude n’ont pas pris en compte d’autres facteurs susceptibles d’avoir un impact sur le risque de cancer, comme les activités physique et professionnelle.

Les conclusions suggèrent l’existence d’un lien entre l’AOS et le cancer, mais ne prouvent pas que l’AOS est responsable d’un risque de cancer accru. Des recherches plus poussées devront être réalisées afin de mieux comprendre ce lien.

Marie Claire Dorkin