Roschdy Zem, dans « Trahison » : « J’attendais la bonne pièce »

Magali Hamard

Après dix-sept ans d’absence, l’acteur remonte sur les planches en compagnie de Michel Fau et Claude Perron, dans « Trahisons », de Harold Pinter, pièce caustique sur fond de triangle amoureux.

Comment Michel Fau vous a-t-il convaincu de remonter sur scène ?
Roschdy Zem -
Il n’a pas eu besoin de me convaincre. J’attendais la pièce qui pouvait me motiver. La combinaison de Michel Fau, metteur en scène et partenaire de jeu à la folie naturelle et inégalable, avec la pièce de Harold Pinter a fait que j’ai sauté le pas. Dans Trahisons, j’aime l’aspect « caricature » du théâtre de boulevard, avec le postulat de « la femme, le mari et l’amant », et l’art de Pinter de se moquer de la bourgeoisie anglaise de l’époque. Le ton est léger en surface pour mieux masquer la douleur psychologique des protagonistes.

Jerry, votre personnage, semble le plus trahi quand il réalise que son meilleur ami était au courant de sa relation avec sa femme…
Roschdy Zem -
L’amant, que je joue, est en fait le cocu de l’histoire. Il découvre avec stupeur que cette relation a toujours été vécue à trois. Jerry n’a pas trop d’assurance. Il est très attaché à sa relation avec Robert : c’est la dimension homosexuelle de la pièce. C’est évident avec la métaphore des parties de squash, dont Emma, l’épouse de Robert, est exclue. Robert avoue avoir frappé sa femme. Ça, c’est pour le côté machiste. Cela en dit long sur cette société hypocrite et pleine de tabous.

Le théâtre de Pinter mise sur les non-dits…
Roschdy Zem -
Dans le jeu, cela demande beaucoup de subtilité. Sous-jouer une émotion et surjouer une situation a...

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