Sébastien Lifshitz dévoile un nouveau documentaire bouleversant

Jean-Baptiste Morain
·2 min de lecture
© Agat Films et Cie/Arte
© Agat Films et Cie/Arte

Une petite fille brune de 7 ans, seule dans sa chambre, s'amuse à se déguiser. Mettra-t-elle un bandeau ou un collier autour de sa tête ? Il a neigé. Maintenant, l'enfant et les cinq autres membres de sa famille (les parents, une sœur ado, deux garçons) font une bataille de boules de neige. On rit. La vie. On aurait dit que tout irait bien.

Mais la mère explique à son médecin généraliste que Sasha (c'est le prénom de la petite fille), depuis qu'elle sait parler, exprime clairement qu'elle est une fille et pleure sans espoir de consolation quand on lui dit qu'elle est, physiologiquement, un garçon. Tous les siens l'ont accepté. Comme l'explique son père (démarche et menton virils) avec simplicité : “Ce n'est pas une question de ‘tolérer’. Sasha, elle est comme ça. Point.

A l’extérieur de la famille, tout le monde n’est pas de cet avis. Sasha n'a pas de vrai·es ami·es. L'école, qui refuse qu'elle vienne à l'école habillée en fille ou qu'on lui parle au féminin, est sur le point d’envoyer un signalement à la DDASS... La mère culpabilise. Le généraliste l'oriente vers le service de pédopsychiatrie de l'hôpital Robert-Debré, à Paris, où Sasha et sa mère (qui vivent dans la région de Reims) vont vite se rendre.

Ce que vit Sasha s'appelle la dysphorie de genre

Tout de suite, nous voici rassuré·es, et la mère aussi, grâce à l'admirable psy qu'elles rencontrent : non, ce n'est pas parce qu'une mère désirait avoir une fille qu'un petit garçon veut devenir une fille... Ce que vit Sasha s'appelle la dysphorie de genre, elle n'est pas la seule à le vivre. Ce n'est pas une maladie, mais elle peut en entraîner une, comme la dépression. La pédopsychiatre écrit un mot très clair pour l’école : Sasha doit être considérée comme une fille.

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