Sécheresse : va-t-on surpasser les records de 1976 ?

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« Les prairies étaient marron. Mes parents, agriculteurs en Dordogne, nourrissaient les chèvres avec le foin de l’année mais, pour qu’elles aient tout de même un peu de vert à manger, on leur donnait des pointes de maïs. » Marie-Paule se souvient comme si c’était hier de l’été 1976, sa sécheresse interminable et sa canicule. Les images de sols craquelés, de la Loire asséchée à Tours, de poissons morts à cause du réchauffement des rivières, restent gravées dans sa mémoire, comme dans celle de nombreux Français.

Alors, dès que l’été se fait rude, le spectre de l’année 1976 ressurgit. Cauchemar des agriculteurs et des pompiers, elle sert de référence pour mesurer l’ampleur de la catastrophe. Va-t-on battre le record ? « Quand on compare les déficits de précipitations, 2022 reste au second rang : 1976 était encore plus sèche », tempère Jean-Michel Soubeyroux, climatologue à Météo-France. Entre avril et juillet 1976, 130 millimètres de pluie ont été perdus par rapport à la normale, contre 95 millimètres cette année. Avec une nuance cependant : il y a quarante-six ans, le sud de la France avait été épargné, tandis que l’ensemble du territoire souffre cet été.

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Record d’hectares brûlés

Mais sur le plan des températures cette saison est indéniablement plus intense. « Entre avril et juillet, 2022 est 1,7 degré au-dessus de 1976 », souligne Jean-Michel Soubeyroux. Alors que la vague de chale...


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