Séparation conflictuelle : la peur de l’abandon

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Quand des parents décident de se séparer, il faut d’abord l’annoncer aux enfants. Et leur expliquer la nouvelle situation, qui peut impliquer de nombreux changements dans leur quotidien. Un déménagement et peut-être un nouveau cadre de vie, une nouvelle organisation… Pour les enfants, si le contexte de la séparation est serein, l’impact de ces bouleversements sera bien moindre que si la séparation est conflictuelle.

Ce qui semble relever du bon sens est étayé par cette étude de l’Arizona State University Research and Education Advancing Children’s Health, tout juste publiée dans la revue Child Development. Les chercheurs ont interrogé plus de 500 enfants, âgés de 9 à 18 ans, sur leur degré d’exposition aux situations conflictuelles entre leurs parents séparés. Ils ont notamment voulu savoir si les parents de disputaient devant eux, si l’un ou l’autre disait du mal de l’autre parent ou s’ils demandaient aux enfants de transmettre des messages à leur ancien partenaire.

Crainte persistante

Des études précédentes ont montré que la séparation était la principale crainte des enfants dont les parents cohabitaient sur un mode conflictuel. Ce travail suggère que dans le cas où les parents étaient déjà séparés et que la séparation se déroulait dans le conflit, c’est la peur de l’abandon par l’un ou les deux parents qui était le plus souvent exprimée par les enfants.

Pour Karey O’Hara, la principale autrice de l’étude, ce n’est pas très étonnant : « l’idée qu’ils puissent être abandonnés est peut-être peu probable, mais elle n’est pas illogique de leur point de vue » dans la mesure où ils ont déjà assisté à la dissolution de leur famille. La persistance de cette crainte a été mesurée et confirmée, trois puis dix mois plus tard. Cela augmente le risque, selon la chercheuse, de futurs problèmes de santé mentale : « Le conflit est un facteur de stress important pour les enfants », que les parents vivent toujours ensemble ou pas.

Mais contrairement à ce qu’envisageaient les chercheurs, la qualité de la relation entre les enfants et chacun des parents ne semble pas avoir eu d’effet protecteur : « Il est possible qu’une relation parentale de qualité seule ne suffise pas dans un contexte de niveau élevé de conflit » entre parents séparés. Même si elle est solide, c’est la relation père-enfant qui serait la plus fragilisée dans ce type de situation.