La série “Little Fires Everywhere” : luttes de classe et de race made in US

Olivier Joyard
© Erin Simkin/Hulu/Amazon Prime Video

Dans les premières images de Little Fires Everywhere, Elena (Reese Witherspoon) contemple sa maison en flammes. Nous sommes dans une banlieue bourgeoise près de Cleveland, dans les années 1990, et rien n’indique vraiment ce qui s‘est passé pour en arriver là. Le récit revient presque immédiatement quelques mois en arrière, au moment où la vie pavillonnaire s’ébrouait lentement, sans accrocs visibles à l’œil nu.

Depuis au moins Desperate Housewives – sans compter bien sûr le cinéma classique et exemplairement les mélos de Douglas Sirk –, ce type de décor parfait, où les drames se nouent sous la surface brillante, où l’inquiétude croise le familier, obsède la fiction américaine. Reese Witherspoon, particulièrement, semble avoir décidé d’incarner cette ambiguïté aujourd’hui. Après Big Little Lies, qu’elle produisait et dans laquelle elle jouait, la comédienne refait à peu près la même chose : repérer une histoire largement féminine, la produire et en devenir l’héroïne. On appelle ça avoir de la suite dans les idées. Et le sens du présent.

Le retour d’une ultrablonde

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Son personnage est une mère de famille ultrablonde et accro sur les bords au contrôle de son mari et de ses quatre enfants. Une bourgeoise aux préjugés tenaces qui, le jour où elle repère une voiture de bas standing sur un parking de la ville, a comme premier réflexe d’appeler les

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