Sami Bouajila : « J'aime ce que je deviens »

Françoise Delbecq
·2 min de lecture

Sensible et solide, discret et populaire... Avec une cinquantaine de films à son actif, l'acteur tout juste césarisé s'est construit une position rare dans le cinéma français. 

Si Sami Bouajila avait réussi le concours de garde forestier, il livrerait aujourd'hui bataille contre le réchauffement climatique, qui sait, et arpenterait les massifs qui l'ont vu grandir, la Chartreuse, le Vercors ou la chaîne de Belledonne. Mais non, le destin en a décidé autrement. Son père, à qui Sami Bouajila a rendu hommage le mois dernier en recevant des mains de Fanny Ardant le césar du meilleur acteur pour « Un fils », de Mehdi Barsaoui, a été le premier à l'emmener dans les salles obscures. Les films de Bruce Lee, des westerns… C'est encore son père qui a nourri son imagination en lui narrant sa traversée entre la Tunisie et la Libye, à 10 ans. Souvenirs qui ont refait surface en tournant « Un fils ». Dans ce film poignant et sobrement politique, il joue le père d'un petit garçon en attente d'une greffe, sur fond de corruption et de trafics dans le désert. « Mon père me racontait le désert, les passeurs, la fatigue… Le personnage s'est invité en moi. Il m'a inspiré son désarroi, ses regards, son amour. Je l'ai habité, je lui ai donné mon souffle, mon énergie », relatait l'acteur le soir des César. Quelques jours plus tard, au téléphone, il poursuit : « Parfois on arrive à un stade de sa vie où l'on se sent en harmonie avec soi-même, avec son environnement. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'une vraie liberté, de vivre une nouvelle jeunesse. J'aime ce que je deviens. » Comme s'il récoltait ce qu'il avait semé pendant...

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