Sarcomes : comment déterminer les candidats à l’immunothérapie ?

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Identifier les patients susceptibles de répondre au traitement par immunothérapie. Voici un des enjeux majeurs de la cancérologie. Et les sarcomes n’y font pas exception. Une étude de l’Inserm ouvre la voie vers une nouvelle méthode pour repérer les cas pour lesquels cette thérapie serait efficace.

Les sarcomes sont des tumeurs qui touchent les tissus mous de l’organisme (graisse, muscles, tissus fibreux, vaisseaux sanguins et lymphatiques, nerfs…). Dans les essais cliniques actuels, seuls 15% des patients répondent à l’immunothérapie. C’est pourquoi les scientifiques cherchent le moyen de les identifier afin d’éviter d’exposer les malades à des traitements inutiles et d’améliorer l’efficacité de cette thérapie.

En se penchant sur cette question, une équipe Inserm est parvenue à identifier un nouveau marqueur prédictif de la réponse à l’immunothérapie : les lymphocyte B, les cellules immunitaires responsables de la production d’anticorps. Jusqu’à aujourd’hui, la stratégie médicale se focalisait essentiellement sur les lymphocytes T, d’autres cellules immunitaires capables de reconnaître les cellules infectées, cancéreuses ou étrangères à l’organisme.

Un environnement tumoral immunologiquement riche

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont analysé 608 tumeurs, classées en trois groupes selon la composition de leur microenvironnement tumoral. Certaines étaient pauvres en cellules immunitaires et peu vascularisées, d’autres étaient fortement vascularisées et enfin les tumeurs du dernier groupe étaient immunologiquement riches, notamment en lymphocytes B. Les chercheurs ont observé une réponse immunitaire antitumorale dans les agrégats de ces cellules, montrant ainsi qu’elles pourraient jouer un rôle dans la lutte contre la tumeur.

En outre, dans un essai clinique de phase 2, « les patients présentant des tumeurs immunologiquement riches ont montré un taux de réponse élevé (50%) à une immunothérapie : le pembrolizumab », rapportent les auteurs. « Ces patients avaient un taux de survie plus élevé que ceux dont les tumeurs étaient immunologiquement pauvres ou fortement vascularisées. »

Ces résultats « apportent un nouvel espoir pour le traitement des sarcomes des tissus mous, cancers particulièrement résistants aux thérapies classiques. » Concrètement cela permettrait de « guider la prise de décision clinique et le traitement des patients grâce à un simple test permettant d’identifier ceux ayant des tumeurs immunologiquement riches », concluent-ils.