Sauvage et venimeux, le nouveau Julien Baker enfièvre l'hiver

Rémi Boiteux
·1 min de lecture
© Alysse Gafkjen/Matador Records
© Alysse Gafkjen/Matador Records

Sur Hardline, premier titre de ce troisième LP, la jeune songwriter cherche “d’avance le pardon pour toutes les choses [qu’elle] va détruire”. Ce que casse Little Oblivions, c’est le portrait sage d’une autrice-compositrice-interprète de chansons folk et pop délicates, aériennes, saluée pour Turn Out the Lights (2017). Avec ses saturations revêches et ses beats synthétiques, Little Oblivions s’aventure tête baissée dans un territoire impétueusement plus électrique.

A un interlocuteur toxique, mais qui pourrait aussi bien être nous-même, Julien Baker susurre “et si tout n’était que noir, bébé, tout le temps”, histoire de donner le ton. Loin de tendre vers l’épure, ce monochrome charbonneux (à la matérialité et aux reflets aussi ondoyants que chez Soulages) se répand sur une toile sonore qui, symptomatiquement, renvoie aux années 1990.

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